Télécharger PDF Visualiser

Suite à la polémique suscitée par les déclarations de Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, au sujet harkis notamment la réaction de ’Organisation nationale des moudjahidines (ONM, l’ambassade de France a indiqué que la France « ne cherche pas à faire pression sir l’Algérie pour forcer le retour des harkis ». Le Ministre Le Drian a rappelé que « le gouvernement français était sensible à la détresse ressentie par les anciens harkis et leurs familles qui ont dû quitter la terre où ils sont nés et qui ne peuvent y revenir même pour leur dernier voyage ». Il a réaffirmé la « mobilisation de longue date du gouvernement français pour permettre leur retour sur leur terre natale », selon l’ambassade.
Pour autant, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pas dit que la question du retour des anciens harkis en Algérie était au « centre des discussions » avec les autorités algériennes, pas plus qu’il n’a déclaré que la France « fera tout pour préserver le droit des harkis à retourner dans leur pays ». En outre, il n’a jamais été question, contrairement à ce qui a été écrit dans la presse, d’exercer quelque « pression » ou « chantage » que ce soit sur les autorités algériennes. Le Ministre Le Drian a rappelé le souhait du Président de la République française, formulé lors de sa visite à Alger le 6 décembre dernier, de « travailler avec les autorités algériennes » à la réconciliation et à l’apaisement des mémoires. Le Président Macron avait marqué sa volonté d’engager la France dans ce travail et de « trouver les moyens pour que dans les prochains mois et les prochaines années », la France et l’Algérie « œuvrent ensemble à ce que les hommes et les femmes qui sont nés en Algérie et qui veulent pouvoir y revenir, quelle que soit leur histoire familiale et personnelle avec ce pays, puissent le faire ». Il s’agit simplement de proposer un dialogue sur une question très sensible.
Le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a d’ailleurs rappelé dans sa réponse « qu’il convenait de ne pas sous-estimer la sensibilité de ces questions dans l’opinion et pour les autorités » tant en France qu’en Algérie. En réaction aux propos de Le Drian, l’Organisation nationale des moudjahidines (ONM) a affirmé que la question des harkis a été tranchée par l’Etat algérien. Dans un communiqué rendu public ce mardi, l’ONM s’est opposée farouchement à toutes ces options, considérant que les harkis qui ont trahi l’Algérie, pays de leurs ancêtres, ont choisi de vivre en France au lendemain de l’indépendance. Pour l’ONM, l’affaire des harkis ne concerne pas l’Algérie, mais la France qui est devenue leur pays d’adoption. « Le dossier des harkis et des pieds noirs est définitivement clos et personne ne peut marchander avec ce dossier qui ne concerne que la France », a souligné l’organisation. L’ONM a comparé les harkis à ceux qui sont appelés en France et en Europe les « collaborateurs », c’est-à-dire ceux qui s’étaient alliés avec les nazis, lors de la deuxième Guerre mondiale. Ces collaborateurs sont, à ce jour poursuivis et persécutés.
Pour ce qui est de la restitution des biens au profit des pieds noirs, c’est-à-dire les Français nés en Algérie et ayant des biens en Algérie, l’ONM se demande de quels biens parlent ces pieds noirs. L’ONM a rappelé que les Algériens sont les propriétaires légitimes des biens que réclament les pieds noirs. Ces derniers ont spolié les Algériens de leurs biens durant l’occupation française, a rappelé l’ONM dans son communiqué.



Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source

Commentaires

commentaires