Invité, samedi dernier, du Café philosophique de Biskra, organisé par l’association Mosaïque, en coordination avec la direction de la culture de Biskra, Ahmed Dellabani, philosophe, enseignant et essayiste, a présenté son dernier livre intitulé La boîte de Pandore, édité au Liban et composé de 150 pages d’articles et d’interviews consacrés à la problématique de l’identité et de la violence dans les sociétés modernes.

Ce penseur, dont la notoriété n’est plus à faire, a disséqué dans son intervention les mécanismes et les causes engendrant la violence sociale, le terrorisme, le repli identitaire, l’exclusion et le refus de l’autre, dont pâtissent de nombreuses sociétés à travers le monde.
Ces maux sont-ils inhérents aux croyances religieuses et à l’islam en particulier, ou proviennent-ils du racisme et de la ségrégation socio-économiques et idéologiques ? «On a tendance à dire que l’islam véhicule et prône la violence envers l’autre. C’est une erreur, car ce postulat est une pensée culturaliste et essentialiste, voire simpliste.

Toutes les religions monothéistes, les idéologies totalitaires, ainsi que le déni de justice, d’équité et des droits fondamentaux de l’être humain poussent à la violence. Les terroristes usent de violence puis justifient celles-ci par des versets ou des sourates extrapolés de leurs contextes originels», a-t-il expliqué devant un public hétéroclite attentif et intéressé. S’élevant contre les thèses des philosophes, tels qu’Adonis, lequel est son ami de longue date, ou de Michel Onfray, philosophe français, qui prêtent à la religion musulmane une dimension violente et totalitaire, Ahmed Dellabani abonde dans le sens  des penseurs et des philosophes comme Alain Badiou, qui estime qu’on ne peut plus parler d’une radicalisation de l’islam, mais plutôt d’une islamisation de la radicalité.

«En effet, on ne peut réduire le phénomène de la violence et du terrorisme qui taraudent le monde à une culture ou à une croyance religieuse. Les Occidentaux œuvrent à exploiter les ressources énergétiques sur tous les continents, mais se montrent conciliants avec les Etats et les pays où la démocratie et les ‹droits de l’homme sont bafoués. N’est-ce pas une forme de violence que le citoyen lambda ressent en son for intérieur ?» a lancé l’orateur. Ce dernier a choisi ce titre pour son livre, en expliquant que «tout ce qui constitue la culture universelle m’appartient aussi en tant que citoyen du monde».

A noter que le matin de cette rencontre, Ahmed Dellabani a animé une séance de vente-dédicace à la librairie Ayanis à l’issue de laquelle des dizaines d’exemplaires de son œuvre ont été écoulés, a-t-on constaté. 



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