Le 3e Festival international du film méditerranéen de Annaba se déroulera du 21 au 27 mars 2018. Quinze films seront en compétition sur une soixantaine programmés pour être projetés dans trois salles. La Belgique sera l’invité d’honneur. «La paix en Méditerranée» est le slogan choisi pour l’édition de cette année.
Le coup d’envoi du 3e Festival international du film méditerranéen de Annaba sera donné mercredi 21 mars, au soir, au théâtre régional Azzeddine Medjoubi. Le film belge Insyriated (Une famille syrienne) de Philippe Van Leeuw sera projeté en ouverture. Ce film, révélé par le Festival de Berlin et primé au Festival du Caire, raconte le drame d’une famille «piégée» dans son propre appartement en raison des bombardements aériens intensifs sur une ville syrienne.

Que faire face au danger ? Fuir ? Attendre la mort ? Sortir dans la rue ? La Palestinienne Hiyam Abbas, qui interprète le rôle de la mère, est époustouflante dans ce drame tourné entièrement en arabe.  Philippe Van Leeuw a réussi a porté, grâce à ce long métrage, tous les malheurs des civils syriens, pris dans l’engrenage des violences, sur les grands écrans du monde.

Une famille syrienne est le deuxième long métrage de Philippe Van Leeuw après Le jour où Dieu est parti en voyage, sorti en 2009. Après le Chili et l’Iran, pour les deux précédentes éditions, la Belgique sera l’invité d’honneur cette année. Dans l’univers cinématographique européen, le 7e art belge se détache par la singularité et le courage dans le traitement des sujets, tous les sujets, et également par son style frais et contemporain.

Saïd Ould Khelifa, commissaire du festival de Annaba, qui connaît parfaitement ce cinéma, a sélectionné des films qu’il faut absolument voir, comme Le chant des hommes de Bénédicte Liénard et Mary Jimenez. Ce drame social raconte l’histoire de plusieurs sans-papiers, venus du Niger, de Syrie, d’Iran, et d’ailleurs, qui décident d’occuper une église. Un sujet d’une brûlante actualité.

Quatorze pays sont en compétition

Le public de Annaba pourra, durant une semaine, découvrir une soixantaine de films, entre longs et courts métrages et documentaires (sélectionnés sur 427 films visionnés).

Quinze films seront en compétition représentant quatorze pays. L’Algérie sera en compétition avec En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui et Jusqu’à la fin des temps de Yasmine Chouikh, film qui a été projeté en avant-première mondiale au dernier festival de Dubaï en décembre 2017.  Une séance spéciale sera consacrée au dernier né d’Ahmed Rachedi, Les sept remparts de la citadelle (après sa projection en avant-première à Alger, le mardi 20 mars, à l’Opéra Boualem Bessaieh). Le jury sera présidé par le scénariste français Jacques Fieschi.

Ce natif d’Oran a notamment écrit le scénario d’Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert et Un beau dimanche de Nicole Garcia. Il sera secondé, entre autres, par la Tunisienne Sonia Chamkhi, qui est réalisatrice et enseignante à l’Institut supérieur des beaux-arts de Tunis. En 2015, elle a réalisé son premier long métrage, Narcisse.

Hommage à Zemmouri, Louhichi et Bouchouchi

Un hommage sera rendu à Mahmoud Zemmouri, Youcef Bouchouchi et Taeïb Louhichi (réalisateur tunisien des célèbres films Layla, ma raison et L’ombre de la terre), disparus ces derniers mois. Les comédiens Nadia Talbi et Hassan Benzerari seront honorés durant le festival. Autant que le réalisateur tunisien Ridha Behi et le comédien français (né à Souk Ahras) Guy Bedos, qui s’apprête à tourner son prochain film en Algérie. Plusieurs films de Ridha Behi seront projetés lors du festival, dont Le soleil des hyènes, qui a marqué l’histoire du cinéma tunisien.

Sorti en 1977, le film dénonçait (avec courage à l’époque) l’ouverture sauvage sur l’investissement étranger, voulue par la politique de Bourguiba sans prendre en compte l’avis de la population. Ridha Behi a choisi, pour son film, un village situé en bord de mer, où viennent s’installer des Allemands pour y construire un hôtel.

Les femmes de la rivière qui pleure

«La Méditerranée regarde le monde», est une nouvelle section créée au Festival de Annaba dans laquelle sera projetée, entre autres, Les femmes de la rivière qui pleure, un drame du Philippin Sheron Dayoc. Deux clans se détestent à mort. Ils sont séparés par une rivière. Les femmes (comme dans l’excellent Hala lawine de la Libanaise Nadine Labaki) tentent de maintenir les relations familiales malgré la rancœur et la haine.

Depuis la nuit des temps, les guerres ont toujours été menées par les hommes, n’est-ce pas ? Formé en Corée du Sud, dont le cinéma fait école en Asie, le jeune Sheron Dayoc, également artiste visuel, s’est fait connaître par le court métrage Dreams et le long métrage Ways of the sea (Les routes de la mer), plusieurs fois primés.

Dans la section «Annaba cinéma», six courts métrages seront projetés. Ils sont réalisés par des jeunes de la région de Annaba, formés en 2017 grâce au soutien du Festival de Klébia (Tunisie) qui est spécialisé dans le cinéma amateur. Cette année, un DOP et un réalisateur belges assureront des cours pour les cinéastes et pour les chefs opérateurs. Durant le festival, le Centre national du cinéma et de l’audiovisuel (CNCA) sillonnera les communes de la wilaya avec ses ciné-bus pour projeter des films.



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