L’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Köhler, a évoqué, mercredi dernier devant le Conseil de sécurité, l’objectif de sa médiation. Pour lui, elle consiste avant tout à tenir des négociations directes et sans précondition entre le Front Polisario et le Maroc dans le courant de l’année 2018.
M. Köhler a informé de son objectif de tenir ces négociations, même s’il a reconnu que ces pourparlers «ne sont pas une fin en soi» car ils exigent «la bonne volonté» des parties au conflit et leur engagement à y prendre part «sans précondition».
Selon les premiers éléments qui ont filtré de son premier briefing devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’émissaire onusien a fait part également de sa volonté de poursuivre ses consultations élargies. M. Köhler envisage à cet effet de rencontrer les membres du Conseil de sécurité. Sa méthode de travail, a-t-il expliqué, consiste à élargir autant que possible le cercle de médiation pour ce conflit.

Des spécialistes du dossier sahraoui soutiennent que M. Köhler «compte aller de l’avant dans sa mission de médiation, malgré les claires tentatives du Maroc de perturber ses efforts, avançant que le règlement de ce conflit est du ressort exclusif du Conseil de sécurité, où il jouit du soutien inconditionnel de la France».

Ces mêmes spécialistes précisent d’ailleurs que «la France a manœuvré mercredi pour empêcher le Conseil de sécurité de souligner l’importance des autres parties consultées par Köhler dans le cadre de la relance du processus onusien».

Rabat veut évincer l’UA et l’UE

A ce propos, ils font remarquer que dans les premiers éléments de la déclaration préparée pour diffusion après cette réunion d’information sur le Sahara occidental, les membres du Conseil de sécurité ont «souligné l’importance de ceux contactés par l’envoyé personnel» en référence aux différentes parties consultées par Köhler depuis janvier, et qui inclut, entre autres, les parties au conflit, les pays voisins, l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE).

Or, soutiennent-ils, cette référence n’a pas été retenue dans déclaration finale, lue à la presse par le président du Conseil de sécurité, le Néerlandais Jan Gustaaf Van Oosterom.

«Le Conseil de sécurité a accueilli avec satisfaction la présentation de l’envoyé personnel sur ses récentes rencontres bilatérales avec les parties (au conflit) et les pays voisins», s’est contenté de mentionner le Conseil de sécurité dans sa déclaration diffusée à l’issue de cette réunion.

Quoi qu’il en soit, l’ancien président allemand a défini avec clarté son mandat en tant qu’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, en expliquant qu’il consistait à «trouver une voie pour l’avenir» pouvant mener à une solution garantissant l’autodétermination du peuple sahraoui. «Mon rôle dans ce processus n’est pas celui d’un arbitre qui doit juger qui avait raison et qui avait tort dans le passé. Mon mandat consiste à trouver une voie pour l’avenir, une voie pouvant mener à une solution mutuellement acceptable et qui permette l’autodétermination du peuple sahraoui», a affirmé Köhler dans sa première présentation sur le Sahara occidental.

L’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental a néanmoins expliqué que pour le moment il n’est pas «exclusivement focalisé sur la solution», mais plutôt sur «la recherche d’un processus» qui permettrait aux deux parties au conflit de négocier elles-mêmes la solution.

Köhler a fait part, à ce propos, de sa volonté d’élargir la thématique des discussions en incluant les questions qui concernent directement la situation des Sahraouis dans les territoires occupés. Pour cela, il a indiqué qu’il envisageait de se rendre à Laâyoune occupée pour les rencontrer sur place. Pour beaucoup d’observateurs, ce déplacement dans les territoires sahraouis occupés illégalement par le Maroc depuis 1975 est un premier grand test qui permettra de mieux cerner les véritables intentions de tout un chacun dans ce conflit.

A commencer par celles du Maroc qui a toujours tout fait pour que l’ONU et la communauté internationale ne sachent rien de la réalité qui prévaut au Sahara occidental occupé.
 



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