La préparation de l’hommage a porté sur la transcription des partitions et des arrangements des œuvres du grand compositeur Cherif Kheddam, les contacts avec les musiciens et les chanteurs.
Le projet, accepté et applaudi par la direction de l’Opéra dirigé par Noureddine Saoudi et secondé par Hakim

Taoussar, a été emmené par le maestro qu’on ne présente plus, Mokhtar Boudjlida, avec le précieux concours du fils aîné de Cherif Kheddam, Salah Kheddam. «Da Cherif» a été célébré par des artistes venus saluer sa mémoire et son héritage, en présence du ministre de la Culture, Azzeddine Mihoubi, et les anciens, Abbas Aït R’zine, Ali Méziane, Brahim Tayeb, Taleb Tahar et Nouara.

Et ceux de la nouvelle génération, Arezki Ouali, Célia Ould Mohand, Amel Zen, M’djahed Hamid. Ce passage de témoin a été rehaussé par de grands standards. Lemeri, A tin yuran, Te ur d lfenn, Tsargough, Ayama Azizen, Fellawen, Bgayeth Telha, Sliy I Yemma, Tekksed Awal Seg Mi, Tilawin Tirga Ufennan ou encore Inch’allah Ats’Hlodh (Algérie, inch’Allah, tu guériras). Et ce, sous la direction orchestrale de Mokhtar Boudjlida. Soit 29 musiciens. Une formation symphonique.

SA MUSIQUE EST ACTUELLE, UNIVERSELLE

Parmi les grands moments figurent le duo Amel Zen-Brahim Tayeb et l’a cappella de la diva de la chanson kabyle, Nouara. Ce qui lui vaudra une standing ovation. Le chef d’orchestre, Mokhtar Boudjlida, soulignera le génie de Cherif Kheddam en disant : «Pour moi, Cherif Kheddam était un grand monument de la musique algérienne. Un grand compositeur. On ne peut pas le comparer à ceux de maintenant. La qualité et la recherche de sa musique sont étonnantes. Je suis compositeur et j’admire ce qu’il fait…

Le titre Lemfarek, un duo avec Nouara, en est la preuve.» Le directeur du Conseil national des arts et des lettres et musicologue, Abdelkader Bendaâmèche, confirmera la grandeur le l’homme-orchestre, maître de la musique solfiée, savante, d’expression kabyle : «Cherif Kheddam est une personne que j’ai connue pendant quelques années.

D’abord à la radio, ensuite à Paris. Vers la fin, je l’ai soutenu aussi à la Télévision. Cherif Kheddam est le rénovateur de la chanson traditionnelle amazighe. Il y a intégré les canons de la musique orientale. C’est un artiste qui aimait et aidait les jeunes. Et il composait pour eux sans réfléchir ou hésiter.

D’ailleurs, il animait une émission de la radio Chaîne 2 intitulée ‘‘Ighanayen ouzzeka’’ (Les talents nouveaux). Il a été auteur, compositeur et chanteur jusqu’au dernier souffle de sa vie. Sa musique est ‘‘symphonisée’’. C’est un gars qui a étudié la musique. Un énorme personnage qui a donné une musique moderne et actuelle tout simplement…»

La soirée a été émaillée par une… panne d’électricité en pleine chanson du jeune Arezki Ouali. La salle de l’Opéra d’Alger a été plongée dans le noir pendant une dizaine de minutes. Un entracte forcé. «Arrêtez la musique» ! Mais, bon, aléa. Il faut un générateur qui se déclenche aussitôt automatiquement. C’est l’Opéra. Pas le fantôme de l’Opéra.



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