Il y a ceux qui, d’habitude, vont écouter les récitals de Lounis Aït Menguellet, avec sa voix mélodieuse et ses musiques qui transportent. Et ceux qui iront, cette fois-ci, écouter Hafid  Adnani,  lire et dire les poèmes de Lounis Aït Menguellet.
Cet agrégé de Mathématiques et doctorant en anthropologie a trouvé peut être un moyen original pour montrer la force, l’authenticité et la profondeur des textes d’Aït Menguellet à travers plusieurs lectures qui seront organisées à la salle L’Alhambra, à Paris, les 15, 22 et 29 avril prochains à partir de 17heures.  «Lire en public, partager avec les autres des poèmes de Lounis Aït Menguellet, est un rêve que je fais depuis si longtemps.

Une poésie d’une richesse inestimable qui appartient à l’humanité toute entière», a écrit Hafid Adnani dans le dossier de presse parvenu à El Watan. «Une poésie qui vient de loin, de la tradition des poètes kabyles anciens et qui vit encore malgré les invasions, les dominations et les casseurs de l’histoire». De nombreux poèmes, tirés de la riche discographie de cet artiste de renom, seront ainsi lus au cours des trois représentations. Fait nouveau, ils seront aussi traduits et lus également dans la langue française par un comédien de talent, Elya Birman.

Cette double interprétation prouve, s’il en est besoin, que les textes de l’auteur de Ammi sont d’une universalité incontestable. «La force des textes qui viennent de loin…» Ils concernent l’humanité toute entière et transcendent les cultures locales, se transformant ainsi en biens communs qu’il convient de protéger  et de perpétuer. «Mon but est de montrer la force des textes qui viennent de loin, les dire avec profondeur et justesse pour montrer leur valeur et leur rareté», a expliqué Hafid Adnani par téléphone à El Watan. Et d’ajouter : «Les gens ont l’habitude d’écouter ces textes merveilleusement chantés par Lounis Aït Menguellet avec sa voix pleine de douceur et de force et sa musique qui incite au voyage. 

Cette fois, ils viendront écouter les poèmes de ce grand artiste pour saisir leur importance et leur éternité.» Conçue par Fabrice Henry, cette «mise en espace», comme on l’appelle dans le monde du théâtre, sera soutenue et enrichie par des intermèdes musicaux coordonnés par Amine Tadjer. Pour cette lecture publique des textes situés dans les années 1980, Hafid Adnani en a choisi sept «comme les sept couleurs de l’arc-en-ciel de mon enfance kabyle, puis de mon adolescence dans les années 80». Pour ceux qui auront la chance de se rendre à L’Alhambra, un conseil : fermez les yeux et écoutez. Le voyage sera magnifique.
 



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