Dans le quartier populaire de Belouizdad, le marché T’nache, l’un des plus fréquentés de la capitale, connaît une influence inhabituelle depuis son ouverture ce matin.
Les clients rencontrés sur place reconnaissent que les prix affichés ont connu une hausse substantielle, mais sont loin d’égaler les augmentations vertigineuses des dernières années. «Cela n’a plus rien à voir avec les hausses précédentes.»

A titre indicatif le prix du kilo de tomate, qui constitue l’élément de base de la chorba, est à 140 DA, celui de la courgette à 160 DA, la carotte est cédée à 100 DA, les haricots verts à 200 DA, le poivron à 120 DA, le piment à 160 DA, les petits pois à 60 DA.

Le citron est à 300 DA, la pomme de terre à 55 DA, la barquette de fraise à 200 DA et le kilo de bananes à 280 DA. «Je trouve que les prix sont corrects, estime une jeune maman, qui profite de sa pause-déjeuner pour faire ses courses. Ces trois dernières années la hausse des prix est moins vertigineuse.» Un peu plus loin, une personne âgée n’est pas de cet avis.

Elle rumine contre le prix de la tomate. «Les commerçants sucent notre sang à chaque début de Ramadhan, s’emporte notre interlocutrice. Et ils se prétendent musulmans !»

Pour certains marchands, la hausse observée est la conséquence de la ruée sur les produits à la veille du Ramadhan. Une analyse partagée par Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association des commerçants et artisans, au micro de la Chaîne 3 : «L’augmentation d’achat de produits alimentaires observée à la veille du mois de Ramadhan provoque la hausse temporaire des prix.»

La multiplication des points de vente durant le mois sacré, comme l’ouverture du marché de solidarité de l’UGTA, a permis au gouvernement d’atténuer la hausse des prix en faisant jouer la concurrence.

Pour y parvenir, le gouvernement a mis le paquet. Pour ce Ramadhan, 159 marchés de proximité ont été installés sur le territoire national, en plus de ceux déjà existants, a annoncé M. Djellab, ministre du Commerce, précisant que la capitale comptait, à elle seule, 9 points de vente. L’Etat, qui a déjà fait face aux mécontentements de la population durant les Ramadhans précédents, tente de reprendre la main en récusant toute augmentation. «Les produits sont disponibles en quantités suffisantes et une hausse des prix serait injustifiée en ce mois sacré», a affirmé le ministre.

Il faut dire que durant cette période, l’enjeu est énorme, car les Algériens vont consommer quelque 10 millions de quintaux de fruits et de légumes et environ 8 millions de tonnes de viandes, selon les estimations fournies par Hadj Tahar Boulenouar à la Radio nationale.

A une année de la présidentielle, et alors que la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat est de plus en plus probable, le gouvernement Ouyahia ne peut pas se permettre de perdre la bataille des prix. Il y va de l’avenir politique du Premier ministre.



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