– Depuis la création de l’entreprise Hasnaoui, vous vous êtes inscrits dans un processus d’industrialisation des métiers du bâtiment. En quoi cela consiste-t-il ?

Au départ, il fallait satisfaire les besoins de l’entreprise intervenant sur plusieurs projets de construction dans l’Oranie. Durant les années 1970 et 1980, l’entreprise Hasnaoui devait compter sur ses propres moyens pour achever dans les délais ses projets, et ce, dans un contexte peu favorable au développement de l’initiative privée. Il fallait, à l’époque, relever ce défi et réinvestir tous nos bénéfices dans la mise en place d’un long et laborieux processus d’industrialisation des métiers du bâtiment.

Aujourd’hui, nous proposons des systèmes constructifs englobant des matériaux de construction fabriqués localement en partenariat avec des firmes étrangères. Des systèmes favorisant une meilleure maîtrise de la mise en œuvre de projets de construction (logements, installations industrielles, hôpitaux…) et d’ouvrages d’art spécifiques.

Le pôle construction, constitué de 12 filiales, offre aujourd’hui des produits prêts à l’emploi tous corps d’état, moins coûteux, certifiés aux normes internationales et permettant de réduire sensiblement les délais de réalisation.

– Quelles ont été les différentes étapes de ce processus d’industrialisation ?

C’est d’abord une capitalisation d’expérience qui s’est affermie à travers divers partenariats conclus avec des firmes étrangères spécialisées dans le domaine de l’engineering, du bâtiment et de la fabrication de matériaux de construction. Il s’agit notamment de firmes espagnoles, portugaises et italiennes.

Outre un transfert de savoir-faire et une meilleure qualification de la main-d’œuvre locale, ces partenariats ont permis de développer des systèmes constructifs innovants, écologiques et à faible consommation d’énergie. Le quartier El Ryad d’Oran en est l’exemple vivant. Le processus d’industrialisation du secteur de la construction a, essentiellement, pour finalité de maîtriser les coûts et délais de réalisation, d’encourager l’écoconstruction et de réduire la pénibilité dans les métiers du bâtiment.

– Quel regard portez-vous sur l’évolution du secteur de la construction en Algérie ?

J’estime qu’il est aujourd’hui nécessaire d’imposer à tous les intervenants du secteur des seuils qualitatifs en deçà desquels nul ne peut descendre. Cela nécessite une révision des cahiers des charges établis par les maîtres d’ouvrage dans le sens d’une meilleure qualité du bâti et d’un plus grand engagement des pouvoirs publics à encourager la production nationale des matériaux de construction.

– Justement, les restrictions à l’importation sont-elles en mesure de booster concrètement la production nationale ?

A mon avis, la conjoncture économique actuelle, difficile certes, est une excellente opportunité pour développer l’industrie nationale pour peu qu’on fasse l’effort d’identifier et d’aider rationnellement les secteurs à promouvoir en prenant en compte les avantages dont recèle le pays. Notre credo est de créer de la richesse en interne et de favoriser la création d’emplois. Dans une économie libérale, les restrictions ne constituent pas une solution.

– Vous vous êtes souvent exprimé sur la problématique du foncier en Algérie…

Une plus grande disponibilité du foncier est à même d’améliorer sensiblement l’ensemble des paramètres auxquels obéit le secteur immobilier. En libérant le foncier, cela contribuera à consolider le rôle des entreprises privées algériennes spécialisées dans le BTP afin de répondre plus efficacement à la demande sur le logement.

– Quelle appréciation faites-vous de la politique de l’habitat en Algérie ?

La politique de l’habitat doit être repensée. Le logement ne doit pas se mesurer en fonction de son coût initial, mais en fonction de son impact sur la santé, l’éducation, la productivité…

L’urbanisme conditionne le citoyen de demain et cela n’a pas de prix. Tous les acteurs du secteur de la construction doivent prendre conscience de cet aspect essentiel dans l’acte de bâtir. L’Algérie de demain doit pouvoir trouver les meilleures formules possibles pour développer le savoir-vivre-ensemble.
 



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