La préparation des grands rendez-vous fait défaut

Les athlètes algériens de haut niveau sont confrontés au dilemme de la performance sportive en l’absence d’infrastructures adéquates et nécessaires pour une meilleure préparation.

«Chaque entraîneur doit faire passer à ses joueurs des tests physiques pour connaître la forme de chacun d’entre eux. A partir de là, il pourrait prévoir l’organisation d’un microcycle d’une semaine ou plus pour permettre à ses éléments d’être au top physiquement. Pendant l’intersaison, l’entraîneur suit un calendrier de préparation physique bien organisé, en soumettant progressivement ses joueurs à une charge de travail qui va crescendo. Pendant la trêve hivernale ou encore pendant une pause internationale, le joueur ne doit pas être soumis à un travail de fond, le technicien doit se contenter de réglages pour préserver la forme physique des joueurs», a indiqué à l’APS Taoufik Korichi, ancien directeur technique national (DTN) de la FAF et enseignant à l’Institut supérieur des sciences et technologie du sport de Aïn Bénian (Alger). Korichi a déploré l’inexistence, ou presque, d’infrastructures dignes de quoi permettre aux sportifs algériens de se préparer dans les meilleures conditions.
De son côté, Ali Maânceri, entraîneur de l’Equipe nationale de natation des moins de 18 ans a mis l’accent sur la nécessité d’une préparation «optimisée pour permettre au nageur de se mettre en valeur». «En natation, les stages se font essentiellement à l’approche des compétitions importantes.
L’athlète est soumis à un travail lactique, en référence aux efforts courts et intenses sollicitant la voie anaérobie, une manière de le pousser à atteindre sa forme optimale. A l’approche des rendez-vous majeurs, la charge de travail baisse d’intensité, avec un programme basé sur la récupération (…) Nous sommes en train de nous préparer en vue des Jeux africains de la jeunesse (JAJ-2018), mais en l’absence de piscines opérationnelles, il sera difficile de s’illustrer», a-t-il regretté. Quant à Abdelmalik Lahoulou, médaillé d’or aux Jeux africains 2015 à Brazzaville sur le 400 m haies, il a cité à titre d’exemple sa préparation en vue notamment des Jeux méditerranéens 2018 de Tarragone (Espagne) et des Championnats d’Afrique à Asaba (Nigeria). «C’est difficile de se préparer pour ce genre de rendez-vous en l’absence de moyens, notamment sur le plan de la récupération. Par exemple, une séance de cryothérapie (immersion dans un environnement extrême à -150 degrés, ndlr), nécessaire pour éviter les blessures et les micro-déchirures, revient à 6 000 dinars, et devrait se faire trois fois par semaine en pleine période de pré-compétition, ce qui est difficile à réaliser».
Pour la préparation optimale des sportifs, il est indispensable de réaliser de nombreux tests physiques afin d’étalonner le niveau de performance du joueur, et ce, dans un souci de progression et d’individualisation, selon la méthodologie du sport. Ces évaluations permettent d’orienter le travail de préparation afin de développer les qualités physiques, mais aussi prévenir l’apparition d’éventuelles blessures.
L’individualisation du travail, grâce aux tests, est obligatoire car aucun athlète n’est semblable et ne possède le même potentiel physique, ni les mêmes qualités qu’un autre. Les tests mis en place en début de préparation vont donc permettre de savoir d’où l’on part afin d’orienter l’entraînement.



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