Un hommage a été rendu, samedi dernier, au journaliste et militant communiste Abdelhamid Benzine à la Cinémathèque de Béjaïa.
Un hommage organisé par le Café littéraire en collaboration avec l’association Les amis de Abdelhamid Benzine, à travers la projection du long métrage Nous n’étions pas des héros, sorti fin 2017, et qui est une adaptation au cinéma du livre Le camp, écrit par Benzine, alors qu’il était en détention avec 60 combattants dans le camp militaire d’internement spécial de Boughari, situé dans la région de Médéa.

Le «brouillon» du récit est sorti du couffin de la mère de Benzine avant qu’il ne soit pris en charge par le réseau des militants communistes.

Plus qu’une adaptation, l’esprit de l’auteur du livre et son engagement idéologique sont respectés. Mais le réalisateur y a mis sa touche artistique en sus du travail de documentation et d’écriture qui a duré près de six ans avant de finaliser le produit.

«En plus du livre de Benzine qui a été repris fidèlement à 90%, je me suis basé sur les témoignages d’anciens détenus et des documents historiques précis», a déclaré Nasredine Guenifi, lors des débats.

Ce travail complète la trame de l’histoire avec des éléments de fiction et des anecdotes de détenus. Certains spectateurs ont vu en ce film «un document d’histoire riche en informations qui se rapportent à la Révolution algérienne et au combat d’un personnage, Benzine, mais n’a pas réussi à transmettre des émotions».

Ils ont regretté le fait que le réalisateur n’ait pas donné davantage de détails sur la vie et le combat du journaliste écrivain pendant et après la Révolution. «Mon ambition n’était pas de réaliser un film sur la personne de Benzine, mais un film ayant comme but d’adapter le récit de Benzine», répond le réalisateur.

Entre février 1961 et juin 1962, A. Benzine, interprété par le comédien Ahmed Rezzak, et 60 combattants, pris les armes à la main, sont transférés dans un camp spécial où des légionnaires français leur font subir d’atroces tortures, des humiliations… dans le but de les transformer en harkis pour les besoins de «la 3e armée» de Charles de Gaulle, un projet qui a échoué grâce à la résistance des détenus.

Le combat de Benzine à l’intérieur du camp a été salvateur dans la mesure où ses actions ont abouti à l’allégement du traitement inhumain dont faisaient preuve les gardiens, dont des nazis enrôlés dans la légion étrangère et auxquels la France coloniale avait fait appel.

La visite de son avocate et, plus tard, la publication d’un article de presse sur les conditions de détention et le non-respect de la Convention de Genève sur les détenus de guerre ont contribué à l’amélioration des conditions des détenus.

Nasredine Guenifi ne voulait pas d’une fin «héroïque», à la hollywoodienne, où une poignée d’internés détournent la vigilance des gardiens et tenant tête à tout un régiment avant de s’évader. D’où le choix du titre tiré du livre Nous n’étions pas des héros.



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