Le Café littéraire Lumière de Sidi Aïch a décidé, pour sa toute première activité culturelle, de rendre hommage aux femmes qui luttent pour s’imposer dans la société, en invitant l’auteure et comédienne, Hadjira Oubachir, qui a animé une conférence-débat à la salle des fêtes Youcef Abdjaoui, sise au chef-lieu de la commune de Sidi Aïch.
Cette dernière a développé une thématique liée au rôle de la femme amazighe dans la sauvegarde de la culture berbère orale puis son apport dans le passage de l’oralité à l’écriture. Dans le sillage de sa communication, présentée dans un parfait tamazight, l’oratrice a évoqué quelques femmes qui ont contribué à la préservation du patrimoine immatériel, à leur tête, Fatma Ath Mansour, ses enfants, Taos ainsi que Jean Amrouche. Pour Hadjira, Fatma Ath Mansour fut la première femme à transcrire le patrimoine oral amazigh en l’inscrivant dans l’échiquier littéraire universel. Taos Amrouche a poursuivi cette œuvre, dit-elle, à travers la chanson et l’écriture.

La poésie féminine anonyme a été sauvegardée, également, grâce aux chants où des textes ont été recueillis et chantés par d’autres femmes, telles que le Groupe Djurdjura, Cherifa, entre autres artistes. Contrairement aux femmes kabyles des siècles précédents, dont les œuvres poétiques n’avaient ni support ni nom, celles d’aujourd’hui peuvent, grâce à l’écriture et les arts, laisser leurs empreintes et transmettre ce patrimoine, à l’exemple de beaucoup de femmes kabyles contemporaines.

 «La femme s’émancipe elle-même en réussissant à transgresser les règles de la société patriarcale et conservatrice au prix de nombreux sacrifices», appuie-t-elle. Mais, ajoute la conférencière, «en voulant s’émanciper et se libérer, la femme est de ce fait mal vue et critiquée». Pour cette raison, ce combat, «la femme peut le mener toute seule, mais il est préférable qu’elle soit épaulée par l’homme». Hadjira Oubachir parle devant un public essentiellement masculin. Un homme dans la salle l’interroge sur l’absence de femmes dans la vie publique et dans ce genre de rendez-vous.

La réplique de l’oratrice interroge l’hypocrisie de la société, et en particulier celle des hommes aux allures d’ouverture d’esprit et taquine : «Je vous réponds par une autre question : Pourquoi n’avez-vous pas encouragé vos femmes à sortir, à assister à cette conférence?».



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