Un hommage  a été rendu aux ténors de la chanson algérienne, dont  Hadj El Anka, Ahmed Wahbi, Slimane Azem,  Cheikh El Hasnaoui et  Guerrouabi.
Il pleut des cordes ce mardi, mais l’affiche de la soirée vaut vraiment le déplacement. Hamidou se produit à la maison de la Culture Mouloud Mammeri. Une heure avant le coup d’envoi du gala prévu à 22 h, le public est déjà là. Ils sont venus même d’Alger pour ceux qui ont raté ses derniers galas dans la capitale.

A l’entrée de la grande salle de spectacles, des agents de l’établissement accueillent les invités dans la bonne humeur. Rien n’est laissé au hasard sur le plan organisationnel. Un contrôle de sécurité assuré par des femmes policières qui «scannent» à la main sacs et poches à la recherche de… briquets. Pas le moindre indice de débordement dans les bagages.

A Tizi Ouzou, les artistes ne se font pas jeter des projectiles. Ils sont toujours reçus par des fleurs, des youyous et une chaleureuse standing ovation. «Cela a toujours été un plaisir de venir chanter ici. Le public est merveilleux et reconnaissant dans cette wilaya qui compte d’ailleurs le plus grand nombre d’artistes au niveau national, après Alger. Tizi Ouzou est incontestablement la capitale de la culture algérienne», confie le chanteur de hawzi avant de fouler la scène.

Pour réussir son come-back dans la région natale de ses parents, il a fait venir son orchestre d’Alger. Hamidou a passé l’après-midi à faire la balance. 22 h. L’orage fait rage à l’extérieur. Dans la salle règne une douce ambiance. Les musiciens sont fin prêts pour l’entame du spectacle. Lever de rideau avec un léger retard d’une demi-heure. C’est au jeune chanteur kabyle Moh Maâmar qu’échoit l’honneur d’ouvrir la séance.

Il entame son récital par Idhehred waggur, du regretté Slimane Azzem. Un bel et émouvant hommage à l’indépendance et à la liberté retrouvées, malgré tout ce que le pouvoir a fait subir en 1962 à l’auteur d’«Algérie, mon beau pays», le forçant à l’exil et l’interdisant d’antenne.

La deuxième chanson, Chmandifir est de Oukil Amar, âgé aujourd’hui de 86 ans et cloué au lit par la maladie. Il fait partie de la vieille garde de la chanson kabyle, surtout celle de l’exil, aux côtés de Slimane Azem, Cheikh El Hasnaoui, Farid Ali, Moh Saïd Oubélaïd et autres. Moh Maâmar enchaîne avec le best-of de ses propres chansons et quelques morceaux puisés du patrimoine chaâbi. Très attendu par ses admirateurs, jeunes et vieux, en majorité des femmes, Hamidou fait son entrée vers 23 h.

Souriant, toujours bien portant physiquement et vocalement, il remercie son public pour l’accueil triomphal qui lui est réservé à chaque fois qu’il se produit à Tizi Ouzou, avant d’égrener le cocktail choisi pour la circonstance. Au menu : hawzi, andalou, chaâbi, kabyle, jazz.

Il a chanté dans quatre langues, arabe, français, kabyle et anglais. Parmi les tubes connus qu’il a interprétés, nous avons retenu Ya Ezzine El Fassi (El Hadj El Anka), Ya Sahib El Ghamama et El Bareh (Hachemi Guerrouabi), Ya Rassoul Allah (Nacereddine Chaouli), Chikh Amokrane et Arwah Arwah (El Hasnaoui), Solenzara (Enrico Macias), Ghir Ntia (Kamel Messaoudi), Serej Ya Fares ltame fi wahran sakna ghzali (Ahmed Wahbi), Ouerdia (Samy El Djazairi), Kahwa Ou Tay (Hadj Mrizek), ainsi que les premiers succès qui l’ont révélé au public dans les années 1980, tels que Ana Sgheir, Kheluja, Houz houz Ayamina, Tawes. A la demande d’un fan, Hamidou a interprété une chanson du jazzman américain Duke Ellington.



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