La personnalité méconnue de la romancière




La bibliothèque principale de Tipasa a organisé, samedi après-midi, en dépit de l’aléa du froid glacial et de la pluie, une rencontre littéraire animée par trois universitaires, Sari Mohamed, Ghebalou Mohamed Cherif et Ouzaghla Abdelkrim.
La projection d’un documentaire de 6 minutes sur le sujet du jour a révélé le talent de la jeune Souad  Mesbah. L’assistance présente était en quête de connaissance de la personnalité et les traits affirmés de l’algérianité de la descendante de la tribu des Braknas. Les conférenciers sont intervenus pour évoquer l’itinéraire socio-littéraire de Fatma-Zohra Imalhayène, native de la wilaya de Médéa, son histoire et sa biographie, la problématique de la traduction de l’œuvre littéraire de Assia Djebar (1936-2015). Celle-ci restera la 1re femme cinéaste et la 1re femme dramaturge en Algérie.

Parmi les thèmes développés lors des interventions des trois universitaires, nous citerons l’éclosion littéraire et le rayonnement de l’écriture de l’écrivaine, sa dynamique linguistique, la mise en relief des prises de parole des femmes algériennes, la conception historique de l’auteure et son amour débordant pour son pays, l’Algérie. L’intervention académique des universitaires a été ponctuée par la déclamation sporadique de l’écrivaine et artiste-peintre, Saliha Imekraz. Un furtif moment de fraîcheur.

La conférence en «triplex» a pris beaucoup de temps. Le débat à l’issue des communications n’a pas pris la tangente attendue par les orateurs. Sari Mohamed intervenait chaque fois pour remettre le débat dans la trajectoire, afin de mieux découvrir Assia Djebar. Des constats amers avaient été dénoncés par quelques intervenants.

Ces derniers jugent que la politique culturelle défaillante menée à présent n’encourage pas le jeune à lire. Le rôle de la presse a été évoqué. «Y-a-t-il parmi vous quelqu’un qui a lu un seul livre de Assia Djebar ?», demande Sari Mohamed à l’assistance.

«Tout doit commencer à la maison, les parents doivent encourager leurs enfants à la lecture», explique une femme venue d’une wilaya limitrophe. «Il y a des parents qui achètent des smartphones à leurs enfants et qui n’arrivent même pas à payer un livre à 500 DA, explique Sari Mohamed, dans cette situation la lecture fait face à des entraves, ce qui explique la lente disparition du lectorat dans notre pays», ajoute l’écrivain et universitaire.

Le tamazight s’est invité dans le débat. Beaucoup d’étapes restent à franchir pour encourager la lecture en Algérie, afin de mieux connaître non seulement Assia Djebar, mais également d’autres illustres écrivains algériens, à l’image de Mammeri, Dib, Kateb Yacine, Djaout, Mimouni, Haddad Malek.

L’intellectuelle militante, patriote, Assia Djebar, c’est d’abord  22 œuvres et un demi-siècle d’écriture (1957-2007). Sa courte expérience dans le cinéma s’explique par sa volonté de mettre en relief le statut de la femme algérienne, active et présente dans tous les combats pour émanciper l’Algérie. Membre de l’Académie française, l’immortelle Assia Djebar est demeurée incomprise dans son pays. Ses créations littéraires sont reconnues et étudiées dans tous les pays du monde, traduites dans plusieurs langues. Elle est enterrée à Cherchell.



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