«La sauvegarde de l’indépendance financière est un lourd défi»




Dans une lettre adressée le 7 septembre aux membres du gouvernement, aux walis et aux PDG des groupes industriels,  le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a brossé un tableau noir de la situation économique et financière du pays, tout en relevant l’importance d’œuvrer à préserver l’indépendance financière du pays.
Le Premier ministre, qui présentera son plan d’action dimanche prochain devant les députés, rappelle dans sa lettre l’ampleur du défi qui attend son gouvernement, mais aussi toutes les institutions et les acteurs de la vie politique, économique et sociale du pays.

Il met en avant le déficit commercial qui se creuse à cause de l’effondrement des prix du pétrole et de la poursuite de l’importation massive des biens et services. Il évoque, dans ce sillage, l’érosion rapide des réserves de change. «Les réserves de change ont fortement reculé,   passant de près de 200 milliards de dollars au 1er semestre de 2014 à un niveau proche des 100 milliards de dollars au cours du mois dernier (août)», précise-t-il. Ainsi, ajoute le Premier ministre d’un ton alarmiste, «l’épuisement de nos réserves de change conduirait le pays au recours aux emprunts extérieurs, lesquels, en cas d’accumulation, produiraient une insolvabilité de nature à déboucher de nouveau sur la contractualisation d’un ajustement structurel aux effets dramatiques». Le Premier ministre défend l’option prise de recourir au financement non conventionnel. 

«Si, aujourd’hui, l’Algérie peut se permettre de recourir légitimement au financement non conventionnel pour poursuivre son processus de développement économique et social, c’est bien parce qu’elle dispose d’une autonomie de décision par rapport à l’environnement économique et financier international. C’est dire par-là combien la sauvegarde de cette indépendance financière est un lourd défi pour l’Etat, mais aussi pour les agents économiques, sinon même pour toute la société», soutient-il, assurant qu’en ce qui le concerne, «l’Etat a entamé la mise en place de mesures de sauvegarde de nature à réduire les importations de biens». «C’est dans le même esprit qu’il entend interpeller l’ensemble des ordonnateurs de la commande publique pour contribuer à cet effort», souligne-t-il. M. Ouyahia  rappelle que comme défini par l’article 29 du code des marchés publics, les commandes concernées sont la réalisation des travaux, l’acquisition de fournitures, la réalisation d’études et la prestation de services. Le Premier ministre décide donc de mettre en application l’article 83 du code des marchés publics qui consacre la préférence nationale accordée aux produits d’origine algérienne avec même une marge pouvant aller jusqu’à 25%.

Ahmed Ouyahia instruit par cette lettre les ministres «à veiller au respect impératif de cette clause pour toute commande effectuée par les administrations centrale, leurs services déconcentrés ainsi que par les établissements administratifs et les agences placés sous leur tutelle». Il instruit également les walis mais aussi les entreprises afin qu’ils veillent à promouvoir la production nationale et contribuer à réduire les importations des biens et services. Par l’application rigoureuse de la préférence nationale, Ahmed Ouyahia espère donc sauvegarder l’indépendance financière de l’Etat. 



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