Les leaders du Mouvement de libération nationale ne se sont pas uniquement contentés de la résistance armée pour arracher l’indépendance. Ils ont investi également le terrain de la diplomatie, la culture et le… sport.
Au printemps de l’année 1957, le Front de libération nationale (FLN) avait pris la décision de constituer une sélection algérienne de football. Le sport roi a toujours une «visibilité» médiatique importante. C’est Mohamed Boumezrag, dit «Boum», ancien joueur à Bordeaux et à Mans, qui a été chargé de constituer cette équipe. Il est assisté par Mokhtar Arribi. La mission n’était pas facile. Il fallait prendre attache avec des joueurs évoluant dans le championnat français sans que les autorités coloniales ne soient mises au courant.

Et le moment de l’annonce de cette équipe, en 1958, a été bien choisi. Le 9 avril, la sélection française de football rend publique une pré-liste de joueurs concernés par le Mondial de la même année. Mustapha Zitouni (AS Monaco) et Rachid Mekhloufi (AS Saint-Etienne) sont sélectionnés. Mais le 13 avril, cinq joueurs algériens évoluant dans des clubs français rallient la Tunisie pour la mise en place de la glorieuse équipe du FLN.

Il s’agit de Abdelaziz Bentifour, Abderrahmane Boubekeur, Mustapha Zitouni, Kaddour Bekhloufi, qui évoluent à Monaco, et Amar Rouai (Angers). Deux jours plus tard, le FLN rend la chose publique.

«Des sportifs professionnels algériens viennent de quitter la France pour répondre à l’appel de l’Algérie combattante (…). Au moment où la France faisait à leur peuple et à leur patrie une guerre sans merci, ils se refusaient d’apporter au sport français un concours dont l’importance est universellement reconnue», dit, entre autres, le communiqué.

Cinq autres joueurs, en l’occurrence Rachid Mekhloufi, Saïd Brahimi et Abderrahmane Bouchouk (Toulouse), Abdelhamid Kermali (Lyon) et Mokhtar Arribi (Sète), arrivent à Tunis le 17 du même mois. Le onzième combattant sportif, à savoir Hassen Chabri (AS Monaco), est arrêté par les services de sécurité français. D’autres joueurs les ont rejoints par la suite.

La Fifa a vite réagi en acceptant la plainte de la Fédération française. Toute sélection qui disputera un match avec l’équipe du FLN sera sanctionnée. Cela n’a pas empêché le «onze de l’indépendance» de disputer en tout, entre mai 1958, date du premier match, et décembre 1961, un total de 83 rencontres, dont 57 victoires, 14 nuls et 12 défaites seulement. L’équipe du FLN a joué un rôle essentiel dans la promotion de la cause nationale à travers le monde. A chacun son arme. Pour ces joueurs, c’était le ballon rond…
 



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