Ahmed Hamdouche et en dépit d’un palmarès des plus glorieux, écume aujourd’hui ses journées à la cité des Platanes, presque en inconnu.
Et dire que cet homme chétif, comme tous les coureurs de fond, a couru avec des athlètes de renommée mondiale. Il a également battu des champions olympiques des années 1960, comme les Michel Jazy, Mohamed Gamoudi, Billy Mills, comme il tiendra à le mentionner.

Ces distinctions ne changeront cependant en rien la simplicité de l’homme qu’on continue encore d’oublier. Le plaisir de le rencontrer et d’évoquer avec lui ses mille et une victoires était fortuit et revient surtout à Farid Boukahla, fervent défenseur de tout ce qui touche à la mémoire de la ville. L’histoire de Hamdouche, dans ses dimensions humaine et sportive est très singulière. D’abord, comme il le reconnaît, il ne s’est jamais pris au sérieux. «Avant l’indépendance, j’avais 13 ans lorsque des militaires français m’ont remarqué et m’ont demandé de courir avec eux.

Ils m’ont même emmené participer à une course à Constantine, que j’ai remportée d’ailleurs. Mais pour moi, courir était beaucoup plus un jeu d’enfant qu’un sport», révèle-t-il. À l’indépendance, les prédispositions physiques de Hamdouche ne tarderont pas à attirer l’attention.

En 1963 déjà, et alors qu’il était encore cadet, on l’enrôle dans la première équipe nationale de Cross-country pour disputer une compétition internationale au Maroc. «J’étais jeune alors et j’avais la chance d’être entraîné par Ahmed Sid, qui m’a toujours accompagné et a su me conseiller. La participation de grands champions ne m’a pas empêché de remporter la première place et de voir par la suite le drapeau algérien flotter pour la première fois en dehors du pays», se souvient-il.

La même année, Hamdouche remporte dans la catégorie cadette, le championnat d’Algérie des 5 000 et 10 000 m ainsi que la première place au Cross-country. Il remportera par la suite tous les championnats d’Algérie jusqu’à l’année 1972.

En 1968, Hamdouche remporte en Syrie, deux médailles d’or, sur le 5 000 et 10 000 m aux jeux scolaires arabes, ainsi que le championnat maghrébin du Cross-country qu’il remportera une seconde fois en 1973. Hamdouche tirera son baroud d’honneur en 1975 en remportant le championnat d’Afrique de Cross-country et des 5 000 et 10 000 m, avant d’arrêter toute pratique sportive.

Depuis sa retraite sportive, Hamdouche n’a jamais été honoré comme il le mérite. Âgé et malade aujourd’hui, il aime encore à se rappeler du geste de deux hommes qui sont allés jusqu’à frapper à sa porte pour le voir et l’honorer. « J’ai été surpris et heureux aussi d’accueillir, ici, chez moi, M. Sellami, l’ancien commissaire principal de Skikda et mon ami, l’athlète Rahoui.

Je n’en revenais pas et j’avais même les larmes aux yeux. C’est un geste de noblesse », raconte Hamdouche, avant de conclure : «Vous savez, à mon âge, je n’ai pas besoin de distinction matérielle. Ce que j’ai fait pour mon pays, je l’ai fait par devoir et par plaisir aussi. Seule la reconnaissance m’importe». Bravo champion !                           



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