Ghaza (Territoires palestiniens occupés)
De notre correspondant

Dans un discours prononcé lors de la réunion de la direction palestinienne, lundi soir à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a traité de «fils de chien» l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, dont les positions sont calquées sur celles de la droite et de l’extrême droite israéliennes.

David Friedman ne reconnaît aucun droit au peuple palestinien.
Répondant à une récente déclaration de l’ambassadeur américain qui a qualifié les terres palestiniennes occupées de terres israéliennes sur lesquelles les colons peuvent construire, le président palestinien a tenu à rendre à David Friedman la monnaie de sa pièce. «Le fils de chien dit qu’ils construisent sur leurs terres ! C’est un colon et les membres de sa famille  sont des colons et il est l’ambassadeur des

Etats-Unis à Tel-Aviv. Que pouvons-nous attendre de lui», a lancé avec colère le président Mahmoud Abbas.
David Friedman, ancien avocat du président Donald Trump, devenu ambassadeur des Etats-Unis en Israël depuis mai 2017, est juif orthodoxe. Il ne cache pas son soutien à la colonisation des Territoires palestiniens occupés et se déclare en faveur de l’annexion par Israël de ces territoires. Ce sinistre personnage estime par ailleurs qu’El Qods occupée et annexée par Israël en 1967 (Jérusalem-Est) fait partie de la capitale éternelle de l’entité sioniste.

Dans la même soirée, la Maison-Blanche a dénoncé les propos du président palestinien qu’elle a estimé être des «insultes déplacées». «L’heure est venue pour le président Abbas de choisir entre la rhétorique haineuse et des efforts concrets pour améliorer la qualité de vie de son peuple et l’emmener vers la paix et la prospérité», a déclaré Jason Greenblatt, émissaire de Donald Trump pour le conflit israélo-palestinien.

«En dépit des insultes totalement déplacées contre des membres de l’administration Trump (…), nous nous sommes engagés envers les Palestiniens et en faveur des changements qui doivent être mis en place pour une coexistence pacifique», a ajouté Jason Greenblatt. «Nous finalisons notre plan pour la paix et nous le présenterons quand les conditions seront réunies», a conclu le responsable américain qui parlait évidemment de la fameuse «transaction du siècle», qualifiée récemment par le président palestinien de «claque du siècle».

De son côté, Mahmoud Abbas n’entend visiblement plus contenir la colère qu’il ressent à l’égard de l’administration américaine. Le président Trump se distingue par un manifeste parti pris en faveur d’Israël. Il prend des décisions qui violent la légalité internationale et menacent l’existence du peuple palestinien. Le 6 décembre dernier, le président Donald Trump avait décidé de reconnaître la Ville Sainte d’El Qods comme capitale de l’Etat hébreu et d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis. C’est la date du 15 mai prochain qui a été choisie pour le transfert officiel de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à El Qods.

Elle représente le jour de la Nakba (catastrophe) palestinienne que fut la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948, aux dépens de la terre palestinienne. Une date loin d’avoir été choisie au hasard et qui a été une source supplémentaire de provocation pour le peuple palestinien et sa direction.

Au mois de janvier, l’administration américaine, qui a décidé du sort de la Ville Sainte de façon unilatérale, s’est attaquée en outre à l’un des dossiers les plus sensibles de la cause palestinienne, celui des réfugiés. Les Etats-Unis ont décidé de diminuer considérablement leur contribution financière à l’Unrwa, l’Agence onusienne pour l’aide aux réfugiés palestiniens. Le but évident de cette mesure est de détruire cette agence onusienne qui fournit des aides à plus de 3 millions de réfugiés qui vivent au Moyen-Orient et qui maintient en vie depuis des décennies leurs revendications de retour dans les terres, maisons, villages et villes d’où ils ont été expulsés durant la guerre de 1948.
Israël refuse toute possibilité de retour des réfugiés qu’il considère comme une menace existentielle.

Toutes ces décisions qui violent le droit international ont poussé la direction palestinienne à rompre ses relations avec les Etats-Unis et à appeler à la mise en place d’un mécanisme international multilatéral pour le parrainage de tout processus de paix futur. Aussi puissante soit-elle, l’administration américaine, qui concocte un plan de paix qui sert uniquement les intérêts israéliens, doit se rendre à l’évidence que rien ne peut se faire aussi sans l’aval des Palestiniens.
 



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