Le ministère de l’Intérieur a annoncé le début, à partir de samedi dernier, de la révision annuelle des listes électorales.
Devant se poursuivre jusqu’au 30 octobre en cours, l’opération concerne les jeunes de 18 ans et les citoyens ayant changé de résidence. «Les citoyens et citoyennes non inscrits sur les listes électorales, notamment ceux et celles âgés de 18 ans révolus au 31 décembre 2016, sont ainsi invités à s’inscrire sur la liste électorale de leur commune de résidence», informe le ministère dans un communiqué.

Selon la même source, les électeurs ayant changé de résidence doivent se rapprocher de leur nouvelle commune qui prendra en charge la procédure de leur inscription. «La demande d’inscription doit être appuyée par la présentation de deux documents, l’un justifiant son identité et l’autre justifiant sa résidence», ajoute la même source.

Cette révision, même si elle est routinière, remettra au devant de la scène l’une des plus vieilles polémiques autour de l’assainissement du fichier électoral.

Et pour cause, la taille du corps électoral (22,8 millions d’électeurs en 2014) a toujours été un terrain de lutte entre les partis politiques, notamment ceux de l’opposition et l’administration. Elle le sera sans doute à l’occasion des législatives de 2017 pour lesquelles presque tous les partis se préparent intensément.

En 2012, rappelons-le, la polémique autour de l’assainissement du fichier électoral et son ouverture aux partis avait atteint son paroxysme. Plusieurs partis de l’opposition avaient demandé un sérieux nettoyage de ce «fichier élastique» qui «sert de véritable source pour le bourrage des urnes et les fraudes massives qui entachent tous les scrutin».

Une recommandation de la commission de l’UE

Considérant que la taille du corps électoral est gonflée par l’introduction «d’électeurs virtuels», les responsables des différentes formations politiques ont exigé un accès au fichier et leur participation à son élaboration. Certains partis, tout en contestant le monopole du ministère de l’Intérieur sur ce fichier, ont demandé sa révision par «des institutions indépendantes et internationales».

Les dirigeants des partis politiques se sont même interrogés sur l’utilité de ces révisions annuelles des listes électorales «si les morts et les doubles inscriptions ne sont pas éliminés». Ils ont peut-être raison.

Lors des élections législatives et locales, des copies de listes électorales ont été rendues publiques par des candidats où l’on trouve des inscrits qui ne seraient plus de ce monde tellement ils sont âgés (plus de 120 ans). Certains partis avaient également dénoncé les inscriptions massives de militaires dans les communes où ils travaillent, sans pour autant présenter des preuves de leur radiation des listes électorales de leur lieu de résidence d’origine.

Les critiques de la classe politique ont été prises en considération par la commission de l’Union européenne invitée pour la surveillance des législatives de mai 2012.

La mission de l’UE avait recommandé dans son rapport sur ce scrutin aux autorités algériennes «d’établir un fichier électoral consolidé au niveau national et de procéder à la publication systématique des listes définitives des électeurs». Mais ses conseils n’ont pas été suivis. Au contraire, la même polémique a éclaté à l’occasion des élections locales organisées quelques mois plus tard. Non seulement le fichier n’a pas été assaini, mais les copies remises aux partis et à la Commission nationale indépendante de surveillance des élections (Cnisel) étaient inexploitables.

Cette nouvelle révision des listes électorales permettra-t-elle d’élaguer, enfin, le fichier national ? Sera-t-elle seulement une autre étape pour grossir encore la taille du corps électoral ? En tout cas, la haute instance indépendante de surveillance des élections, en cours de création, a du pain sur la planche…



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