Le nombre des automobilistes à jeter leur dévolu sur le gaz de pétrole liquéfié carburant (GPL/c), pour faire carburer leurs véhicules, s’accroît à un rythme très significatif.
L’envolée des cours des hydrocarbures conventionnels (essence et gasoil) n’a pas tardé à pousser, dès 2015, les pouvoirs publics à repenser les choix énergétiques et à revoir, à la hausse, les tarifs pratiqués à la pompe.

Les prix de l’essence et du gasoil sont passés, ainsi, du simple au double en l’espace de quatre ans, alors que celui du GPL/c est resté à 9 DA le litre, suscitantvle rush espéré par les pouvoirs publics.

Selon les chiffres de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), le nombre de véhicules convertis au gaz de pétrole liquéfié carburant (GPL/c) a été de 60 000 unités en 2017 (contre 43 000 en 2016). Globalement, sur un parc de véhicules essence estimé à 3,2 millions d’unités, le nombre de véhicules disposant d’un kit GPL/c est de 325 000, soit un taux de conversion du parc essence de 10%.

Avec 20 000 véhicules/an, la Société nationale de commercialisation et de distribution de produits pétroliers (Naftal) détient la plus grande capacité de conversion, soit 17% de la capacité nationale, suivie de la Sarl Ghazal avec 15 000 véhicules/an, soit 13% de la capacité nationale.

La consommation du GPL/c, quant à elle, a atteint 450 000 tonnes en 2017, en hausse de 28%, un volume desservi par 750 stations-service, sur un total de 2446, soit un taux de couverture de 31%.

Pour les prochaines années à venir, les pouvoirs publics tablent sur une estimation de consommation qui devrait passer de 450 000 tonnes en 2017, à 1,15 million de tonnes en 2021 et les 500 000 véhicules à convertir au GPL/c vont permettre un gain de consommation des essences de 1,82 million de tonnes sur la période 2018-2021, et 8,8 millions de tonnes sur la période 2018-2030, pour un investissement de 37,43 milliards de dinars. Pour l’automobiliste, en plus de son prix bas à la pompe, le GPL/c est aujourd’hui très prisé en raison de ses caractéristiques qui en font un carburant propre.

Mais c’est beaucoup plus pour les économies réalisées par l’utilisation du GPL que ce carburant séduit : rouler 15 000 km en GPL coûtera 12 254 DA, lorsqu’en gasoil/super, le même kilométrage revient à 53 076 DA. Sur 15 000 km, l’économie est de 28 568 DA, et pour 30 000 km, elle est de 53 076 DA. A 60 000 km, c’est encore plus important : 114 278 DA d’économie.

Un quota pour la subvention de 20 000 véhicules déjà expiré

Il faut dire cependant que la décision de subventionner l’installation des kits GPL/c, à hauteur de 50%, a été pour beaucoup dans le rush constaté sur les centres de conversion, sachant que le coût de conversion d’un véhicule au GPL/c est compris entre 60 000 DA et 70 000 DA.

En effet, l’Etat a pris la décision de subventionner 100 000 véhicules, en prenant à sa charge 50% du prix d’installation. Selon Mohamed Arachiche, directeur général adjoint de la Sarl Ghazal, la première société privée agréée dans l’activité conversion des véhicules au GPL et dans l’importation de kits et réservoirs GPL, un premier quota pour la subvention de 20 000 véhicules a été déjà consommé.

«Depuis 2016, avec les augmentations des prix du carburant, les gens ont commencé à s’intéresser au GPL, et l’idée négative sur ce carburant a aujourd’hui pratiquement complètement disparue», nous dit M. Arachiche. L’entreprise, qui dispose de 4 centres de conversion à Alger, Oran et Batna, a converti, depuis sa création en 1995, pas moins de 100 000 véhicules.

Elle souhaite cependant développer son activité et agrandir ses ateliers pour faire face à la demande grandissante, mais bute sur la non-disponibilité du foncier. «Le délai d’attente pour la conversion d’un véhicule est aujourd’hui d’un mois. Si nous arrivons à créer de nouveaux ateliers, ce délai sera beaucoup plus court», ajoute le même responsable.

A Blida, selon le président de l’Association des installateurs de kit GPL, Aberrazak Salah, ce délai d’attente, après prise de RDV, est de 3 mois. «Nous arrivons tant bien que mal à satisfaire la demande, mais beaucoup d’entreprises se plaignent de l’indisponibilité de la main-d’œuvre spécialisée dans ce métier», d’où la nécessité d’encourager les jeunes à s’intéresser à cette spécialité à l’avenir prometteur.

Notons à ce propos que Naftal a pris l’initiative de signer une convention avec l’Ansej pour la formation de jeunes dans ce domaine, afin qu’ils travaillent à leur propre compte, comme agents agréés.



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