Le patron de la Société d’investissements hôtelière, Hamid Melzi, a tenu, hier, une conférence de presse au Centre international des conférences (CIC) à Alger pour faire la promotion du tourisme de luxe.
Centre de thalassothérapie, hôtels de luxe, centres de shopping et transformation totale du parc zoologique de Ben Aknoun ; attaqué sur les coûts faramineux des investissements qu’il compte réaliser pour le compte de l’Etat, Hamid Melzi, le patron de la SIH (Société d’investissements hôtelière) a tenté la réplique.

Il a tenu une conférence de presse à Alger pour faire la promotion du tourisme de luxe. Pour vendre l’utilité de ses projets, l’éternel patron de la résidence d’Etat de Club des Pins, à Alger, a innové. Il a convoqué des dizaines de journalistes au très luxueux Centre international des conférences (CIC) pour faire la promotion d’un nouveau genre de tourisme : le haut standing. Pour cela, Hamid Melzi n’a pas lésiné sur les moyens.

Il a commandé un documentaire qui a retracé les «réalisations» de la SIH depuis une vingtaine d’années. On y retrouve les hôtels Sheraton d’Oran et d’Alger «dont les crédits ont été remboursés», mais également le Centre des conventions d’Oran, Le Renaissance de Tlemcen, le Sheraton de Annaba et des écoles hôtelières. En tout, des dizaines de projets qui ont englouti des dizaines de milliards de dinars.

Qui finance ? Hamid Melzi jure que «c’est par le biais de prêts bancaires remboursables par échéances». Soit. Mais depuis quelques jours, la même entité, fondée en 1997 par une association de plusieurs banques et entreprises d’assurance publiques, lance de nouveaux projets.

En pleine crise économique, manque de liquidités, la SIH va rénover le parc zoologique de Ben Aknoun pour un montant de 59 milliards de dinars – près de 550 millions de dollars. «Sur instruction de Son Excellence le président Abdelaziz Bouteflika», insiste Melzi. Le montant de l’investissement va être supporté par un «prêt» de la Banque nationale d’Algérie et le Fonds national d’investissement. Il sera «remboursable sur 25 ans».

Interrogé sur le caractère «public» de ces fonds, puisés dans les caisses de l’Etat dans un moment de crise, Hamid Melzi botte en touche. «Alger ne mérite-t-elle pas un parc de rang mondial ?» a simplement répondu le directeur financier de la SIH à la question d’un journaliste qui lui rappelle que l’argent public est dépensé dans un projet aussi luxueux dans un pays qui manque d’hôpitaux.

Relancé, le PDG de la SIH n’a pas répondu. Il s’est contenté de rappeler que «malheureusement, les banques manquent de liquidités», lorsque la question lui est posée sur le manque d’investissements de la SIH dans le sud du pays. «Nous avons un projet de construire 8 hôtels de luxe dans le Sud. Mais la crise étant passée par là, les banques n’ont plus de liquidités pour financer ces projets», a-t-il indiqué.

Dans la carte présentée par les services de la SIH, le parc zoologique de Ben Aknoun a les allures d’un Disneyland : parcs aquatiques, zoo «aux normes mondiales», manèges et espaces de jeux plus modernes, karting, aquarium géant, musée de la nature, jardin botanique, restaurants et un golf de 18 trous.

«Le parc de Ben Aknoun gardera sa vocation», a indiqué le conférencier qui a insinué que même les installations de l’armée vont être évacuées des lieux. Réalisé dans un délai de 30 mois, la gestion du nouveau parc va être confiée à un organisme international. «Aucun accord n’est signé», a insisté Hamid Melzi pour répondre à la rumeur qui évoquait un accord avec l’américain Disneyland.

Plus de 120 milliards de dinars d’investissements

Dans l’escarcelle de la SIH, il n’y a pas que le parc zoologique de Ben Aknoun. L’établissement que gère Hamid Melzi depuis sa création en 1997 va construire un énorme centre de thalassothérapie. D’une capacité de 1000 curistes/jour, le centre comptera deux hôtels de luxe Sofitel de 5 étoiles. Il sera dirigé par le groupe français Accor, après la fin des travaux dans 2 ans.

Le coût du projet ? Plus de 20 milliards de dinars, financé par le FNI et la BNA. Interrogé sur le public qui pourra fréquenter un tel complexe situé dans une zone interdite aux Algériens, Hamid Melzi répond que le centre «sera accessible à tous les Algériens». Il a même indiqué que «le centre va être relié à l’autoroute» par une bretelle.

En plus de ces projets polémiques, la SIH réalise des centres commerciaux et d’autres hôtels. Elle est chargée de rénover les deux hôtels publics de Constantine, à savoir Panoramic et Cirta. Ces projets devraient coûter plus de 120 milliards de dinars. L’objectif étant de «doter les infrastructures hôtelières» de «management de qualité». Mais un management qui passe, selon Melzi, par des compétences étrangères. «Le temps de former des Algériens», a-t-il indiqué.



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