Les subventions publiques aux prix de plusieurs produits pourraient commencer à être réduites dès l’année prochaine, selon des déclarations faites hier à Dubaï par le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, cité par l’agence Reuters.
Le gouvernement pourrait compresser ses subventions à l’essence dès l’année prochaine et celles touchant d’autres produits dès 2020, a ainsi précisé Abderrahmane Raouia à des journalistes, en marge d’une réunion qui regroupe, depuis hier aux Emirats arabes unis, les ministres des Finances des pays arabes et des représentants du Fonds monétaire international (FMI) pour discuter des réformes fiscales dans la région.

Sans donner de plus amples précisions quant aux différents dispositifs de soutiens aux prix qui seront touchés par ces réductions, au-delà de celle liée aux carburants, le ministre des Finances s’est contenté d’expliquer que la réforme envisagée du système actuel des subventions publiques découle avant tout des objectifs de résorption du déficit du budget de l’Etat d’ici trois à quatre ans. Rappelant que le dispositif actuel de soutien aux prix englobe un large éventail de biens et de services, allant de l’électricité au pain et à l’huile, l’argentier du pays a tenté de rassuré en définitive que les réformes ainsi envisagées visent surtout à rendre le système actuel des subventions à la fois plus efficace et plus favorable aux Algériens à faibles revenus.

Confronté à une sévère crise financière et budgétaire des suites de l’érosion durable des revenus tirés du pétrole et du gaz depuis la mi-2014, le gouvernement, convient-il de rappeler, tente depuis quelques mois d’introduire des démarches de réforme, dont celle du ciblage des subventions, afin de contenir, notamment, le creusement dangereux des déficits publics aussi bien au plan interne qu’externe.

Endettement

Dans cet ordre d’idées, le ministre des Finances a encore indiqué hier que, malgré la baisse des ressources financières du pays, l’Etat ne prévoit pas de recourir à des emprunts cette année, mais que cette perspective n’était pas exclue pour l’année prochaine. Le premier argentier du pays ne précise toutefois pas s’il s’agissait d’endettement externe ou interne, sachant que le gouvernement a déjà mis en branle un dispositif de financement non conventionnel pour faire face au déficit du Trésor, tout en ayant annoncé l’année dernière son intention de lancer un nouvel emprunt obligataire national répondant aux normes de la finance islamique.

Bien qu’ayant dérogé à sa nouvelle trajectoire budgétaire en décidant d’augmenter la dépense publique pour l’exercice en cours, l’Etat, faut-il croire en définitive, sera sans doute amené à terme à rationaliser de plus en plus ses ressources, en réaménageant, entre autres, la dépense affectée à son action sociale qui pèse pour près d’un quart de son budget. A rappeler à cet égard que, tel qu’annoncé officiellement, le passage envisagé au ciblage des subventions publiques devra prendre effet d’ici deux ans, à travers notamment la mise en place d’un fichier national de ménages à faibles revenus, qui pourront ainsi bénéficier d’aides financières directes en place et lieu des dispositifs actuels de soutien aux prix.



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