Sarkozy a été mis en examen pour «corruption passive» etc…

Les 11 affaires dans lesquelles son nom a été cité, depuis 2012, l’ont déjà tué politiquement.

L’ancien président français Nicolas Sarkozy a été jugé et condamné par l’Histoire et la vox populi lors de la primaire des Républicains pour la présidentielle de 2017, lorsque sa candidature a été rejetée sans appel par ses propres partisans. Les 11 affaires dans lesquelles son nom a été cité, depuis 2012, l’ont déjà tué politiquement. Cette dernière affaire du financement de sa campagne présidentielle de 2007, par l’argent libyen et qui n’a pas révélé tous ses secrets, n’est pas encore finie même si au bout de sa mise en examen, Sarkozy n’est pas inculpé. L’instruction n’est pas terminée et l’affaire pourrait traîner au moins six mois. Le 21 mars dernier et après deux jours de garde à vue, Nicolas Sarkozy a été mis en examen par le parquet de Paris pour soupçons de financement de sa campagne électorale de 2007, avec l’argent libyen donné par El Gueddafi qui était alors dans les bonnes grâces de l’Occident. Selon l’AFP, Sarkozy a été mis en examen pour «corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens». A ce titre, il a été placé sous contrôle judiciaire, selon une source judiciaire citée par l’AFP. Il est rentré chez lui mercredi soir après la fin de sa garde à vue. L’ancien ministre de l’intérieur de Sarkozy, a également été entendu en tant que «suspect libre». Brice Hortefeux a été auditionné mardi dernier. Le dossier de l’affaire du financement libyen de la campagne de Sarkozy, en instruction depuis cinq ans, remonte à 2012, lorsque le journal électronique Mediapart, fondé par le transfuge du quotidien Le Monde, Edwi Plenel, avait publié un document libyen affirmant qu’El Gueddafi a participé au financement de la campagne présidentielle de Sarkozy à haureur d’environ 50 millions d’euros, pour permettre notamment à la Libye de sortir de son isolement diplomatique. D’anciens dirigeants libyens ont confirmé le versement de cette somme. L’homme d’affaires franco-libanais, Ziad Takieddine, a lui-même déclaré avoir remis entre fin 2006 et début 2007 trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du régime d’El Gueddafi à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant. Nicolas Sarkozy «est un vrai menteur et vous allez voir, il va passer son temps avec les juges d’instruction à dire ‘non, non, non c’est pas vrai ». Tout ça pour gagner du temps, c’est sa méthode habituelle», a lancé sur BFM TV mercredi dernier, assurant «dire la vérité». Selon les médias français, si la garde à vue a été motivée notamment par «un détournement de fonds publics» et «une corruption active et passive», elle a été élargie en janvier à des soupçons de «financement illégal de campagne électorale», à la suite d’un rapport de l’office anticorruption, daté de septembre, qui pointe une circulation importante d’espèces dans l’entourage du candidat UMP durant la campagne 2007. «Tout le monde venait chercher son enveloppe», a relaté une ex-salariée, d’après ce rapport dont l’AFP a eu connaissance, doutant qu’une distribution aussi massive ait pu se faire sans que Nicolas Sarkozy ait été au courant. Les investigations ont révélé plusieurs opérations suspectes, dont un virement de 500.000 euros perçu par Claude Guéant en mars 2008, en provenance d’une société d’un avocat malaisien. L’ex-secrétaire général de l’Élysée a affirmé qu’il s’agissait du fruit de la vente de deux tableaux, sans convaincre les juges qui l’ont mis en examen, notamment pour «blanchiment de fraude fiscale en bande organisée». Les médias français ont rapporté que les magistrats instructeurs s’interrogent sur la vente suspecte en 2009 d’une villa à Mougins (Alpes-Maritimes) à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, ancien ministre des Finances d’El Gueddafi. Ils soupçonnent l’homme d’affaires Alexandre Djouhri d’avoir été derrière plusieurs prête-noms le véritable propriétaire du bien et de l’avoir cédé pour 10 millions d’euros, soit plus du double du prix du marché. Une transaction qui aurait pu être effectuée pour dissimuler d’éventuels versements occultes. En janvier 2018, l’enquête s’est accélérée et a connu de nouveaux développements, lorsque le sulfureux homme de l’ombre, Alexandre Djouhri, a été appréhendé à Londres. Quant à Bachir Saleh, il a été blessé par balle fin février en Afrique du Sud où il vivait en exil et a depuis quitté ce pays pour des raisons de sécurité, d’après une source proche du dossier. «Mon client a toujours affirmé, qu’à sa connaissance, il n’y avait pas eu de financement», a déclaré à l’AFP son avocat, Eric Moutet. Enfin, le fils d’El Gueddafi, Seif El Islam, dans une interview accordée au site Africanews, a déclaré: «Je précise que j’ai encore des preuves solides contre Sarkozy. Et je n’ai pas encore été entendu comme témoin dans cette affaire, ni Abdallah Senoussi, l’ex-directeur des services de renseignements libyens qui détient encore un enregistrement de la première réunion de Sarkozy et El Gueddafi à Tripoli avant sa campagne électorale». Pour le fils d’El Gueddafi, cette mise en examen «vient en retard et après 7 ans de guerre. Je dis dommage parce que j’avais donné moi-même les preuves sur cette affaire dans une interview accordée à Euronews en 2011, à Tripoli, mais la justice, que ce soit en France ou à l’international, n’a pas bougé à l’époque». Interpellant Emmanuel Macron, Seif El Islam affirme: «Je tiens à vous dire que l’ex-président Sarkozy est responsable du chaos et de la propagation du terrorisme et de l’immigration clandestine en Libye et dans la région. J’appelle donc le président Macron à prendre des mesures pour soutenir les élections en Libye qui pourraient corriger ce qu’a fait son prédécesseur». Ce laïus du fils El Gueddafi renvoie à ce printemps 2011 qui a vu la Libye sombrer dans le chaos grâce à Sarkozy qui a tout fait pour que le Conseil de sécurité adopte une zone d’exclusion aérienne en Libye sous le fallacieux prétexte de la protection des populations de Benghazi. L’intervention de l’Otan a détruit le semblant d’Etat existant dans un ordre social tribal, avec une armée faible et un arsenal de guerre important et des groupes islamistes radicaux qui guettaient la moindre occasion pour semer la terreur et tenter de prendre le pouvoir. Grâce à la cupidité de Sarkozy et des multinationales qui soutenaient son discours va-t-en-guerre, la Libye a alimenté en armes et en recrues les groupes terroristes du Sahel, de la Tunisie, de l’Egypte et du Nigeria avant de devenir le terreau des djihadistes en herbe et le réceptacle des éléments de Daesh qui ont fui l’Irak et la Syrie. Grâce aux «arguments» de Sarkozy, la Libye s’est transformée en un terrain d’une guerre civile sans fin et d’un non-Etat bicéphale alors que tous les postulants à l’immigration clandestine ont trouvé dans cette immense zone de non-droit, un paradis pour des rêves qui ont fondu dans l’enfer de l’esclavage ou qui se sont noyés dans les flots «humanivores» de la Méditerranée.



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