El Jaïda, le dernier film de la Tunisienne Salma Baccar, était en compétition au 3e Festival d’Annaba du film méditerranéen.
Il a été projeté en présence de la comédienne Fatma Ben Saïdane qui a interprété le rôle principal (voir El Watan du 28 novembre 2017). «El Jaïda est un film d’époque. Il raconte une histoire qui a eu lieu six mois avant l’indépendance de la Tunisie en 1956. C’est celle de femmes qui sont punies par leurs époux et qui sont envoyées, après décision du cadi, à Dar Lejouad, une sorte de maison de redressement. Malgré l’instauration du code portant statut de la femme, le combat continue en Tunisie.

Les droits ne sont pas encore acquis pour nous», a-t-elle déclaré après la projection du film. Le système Dar Lejouad (maisons fermées dans les vieux quartiers de Tunis et des autres grandes villes tunisinnes) a été aboli par Habib Bourguiba à l’indépendance de la Tunisie. C’était l’une de ses premières décisions. Fatma Ben Saïdane a rappelé que le 13 août est institué Journée de la femme tunisienne. «Dans le film, Salma Baccar a ajouté un passage dans lequel il y a un discours pour rappeler aux femmes tunisiennes qu’il ne faut pas qu’elles lâchent leurs acquis. Après la Révolution, il y a eu des signes inquiétants, notamment du parti Ennahdha (islamiste), comme le retour du débat sur la polygamie.

Des millions de femmes ont voté pour le président Béji Caïd Essebsi contre Ennahdha. Nous ne voulons pas retourner en arrière, nous voulons avancer avec une société moderne. Si je suis féministe, c’est pour me libérer moi et pour libérer l’homme tunisien. Nous demandons aujourd’hui la parité dans l’héritage», a appuyé Fatma Ben Saïdane. Cette comédienne était présente également au Festival de Annaba avec le film La rumeur de l’eau, le dernier film de Tayeb Louichi, avant son décès en février 2018, où elle interprétait le rôle d’une costumière d’opéra.

El Jaïda termine une trilogie de Salma Baccar consacrée à la femme et commencée en 1995 avec La danse du feu (sur la chanteuse tunisienne d’origine juive Habiba Msika) et suivie par Khochkach en 2005. En octobre 2011, Salma Baccar a été élue membre de l’Assemblée constituante au nom du Pôle démocratique moderniste où elle a beaucoup milité pour renforcer les libertés et les droits des femmes.
 



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