Qu’en est-il des investissements recensés en 2017 par Alnaft ?

Pour 2017, nous avons enregistré 2 milliards de dollars de nouveaux investissements, avec tout ce qui a été signé entre Sonatrach et ses partenaires, à l’exemple du complexe de Timimoun, réalisé en partenariat avec Cepsa (Espagne) et Total (France) et qui devrait renforcer l’industrie gazière en Algérie.

Et pour 2018 ?

Nous avons un objectif de 2 à 3 milliards si nous obtenons des contrats sur l’offshore et sur le Nord. On y travaille. Pour l’offshore, pour le moment, on regarde et on étudie toute la région, pour ensuite cartographier les endroits les plus potentiels. Pour les contrats à venir, nous sommes optimistes, nous discutons tous les jours avec nos partenaires, ces derniers sont de plus en plus intéressés. Ils nous demandent des opportunités à développer.

Pour le moment nous regardons, je suis confiant, certainement cette année nous aurons encore des contrats à signer. Je vous dirais qu’en offshore, il y a quatre sociétés qui évaluent avec nous. Elles analysent le data et regardent au fond de la mer ce qu’il y a.

N’oublions pas qu’il y a le Maroc à côté, qui explore le pétrole en offshore, et les Egyptiens, de l’autre côté, pour le gaz en offshore aussi. Donc pour l’Algérie, je pense qu’il est temps au moins de voir ce qu’il y a pour situer les réserves. Le plus important, c’est d’amener les gens à trouver des partenaires. C’est comme ça qu’on donne de la valeur à un domaine minier. C’est notre rôle de ramener des gens pour évaluer ce qu’il y a.

Quid de l’adaptation au nouveau contexte économique national et mondial ?

Les choses se sont inversées. Maintenant, ce sont les pays qui courent après les sociétés, alors qu’avant c’était les sociétés qui couraient derrière les pays. C’est pour cela qu’on faisait des appels d’offres pour en tirer le maximum. C’est à nous d’aller chercher l’investissement. Il y a plusieurs chantiers à mener, dont la révision de la loi. On contribue justement dans ce cadre.

Quelles sont vos propositions ?

On va suggérer certaines idées, il y a beaucoup de points, par exemple, la fiscalité à réduire peut-être. Il faut savoir que toute la fiscalité pétrolière qui rentre aujourd’hui parvient des anciens contrats qui sont sous le terme de la 86-14. La loi actuelle n’a produit aucune fiscalité pour le moment. Elle va le faire avec le projet de Timimoun, qui vient de démarrer. Il faut donner aux partenaires des projets qui soient rentables, tout en préservant l’intérêt de l’Algérie.

Donc, c’est à nous de leur concocter des projets où ils nous ramènent de la technologie pour partager le risque avec nous. On est les plus chers en termes de fiscalité, donc ça prouve qu’on essaye de tirer le maximum de profits de l’Etat. On a tellement tiré la couverture de notre côté que certains sont partis.

Et en dehors de la fiscalité ?

Il y a la préqualification. Pour qu’une compagnie opère en Algérie, il lui faut un agrément, nous allons simplifier la procédure de requalification. Ça va être allégé via une check-list plus simple.

Pour donner de la valorisation, il faut un forage, et sur ce point, il faut qu’on se mette d’accord, la valorisation c’est quand vous trouvez des hydrocarbures. Donc, il faut ramener quelqu’un et c’est notre rôle de le valoriser. Nous avons des bassins très variables. L’Est est plus à l’hydrocarbure, alors que l’Ouest est plutôt gaz, comme Timimoun, Touat.

Le potentiel est à exploiter, car on n’a fait que 30 à 40% du domaine minier, le reste est à préciser. Pour cela, il faudrait simplifier. Et là, une mesure secondaire commence à faire aussi son chemin. Peut-être sortir quelques aspects de la loi pour pouvoir les négocier au cas par cas, par exemple, pour le travail de forage.

Autrement dit, ça serait bien de négocier au cas par cas selon le risque sur le terrain, car le risque géologique change d’une région à une autre.

Ne pas obliger l’opérateur à faire deux forages et lui laisser le temps de faire des études d’abord par un petit investissement pour qu’il voie plus clair, le laisser commencer et passer phase par phase Là, la compagnie sera peut-être plus intéressée de venir parce qu’on réduit le risque. Les compagnies font un classement du moins risqué au plus risqué et prennent les moins risqués. Nous on est en bas de la liste, parce que c’est plus risqué.

On essaye de faire remonter nos projets dans le classement des investisseurs dans les premières places en diminuant le risque exploration et en améliorant la fiscalité. En facilitant des accès à certains points aussi. Il y a tout dans la loi aujourd’hui, ça serait bien si on laissait une marge de confiance dans les négociations.

Du travail reste à faire pour convaincre tout ce beau monde. C’est comme ça qu’on fera remonter un projet classé dixième par ce qu’il est trop cher vers la troisième place.

Donc, les changements en cours vont améliorer le climat des affaires dans le secteur de l’énergie…

Le climat des affaires s’est déjà amélioré, mais avec la révision de la loi ça va être encore mieux. D’ici juillet, on aura le schéma, mais en définitive, c’est le ministère qui gère et nous, nous contribuons et nous ramenons notre expertise.

Qu’en est-il pour le gaz de schiste ?

Nous sommes en phase d’évaluation. Des études ont été faites par des organismes étrangers, mais on veut bien faire la nôtre. Ça sera le point de vue de l’Algérie pour pouvoir négocier. On ne négocie pas avec le point de vue des autres. Et quand on va préciser tout ça, on va donner une valeur à nos réserves.

En conclusion…

Au niveau d’Alnaft, nous ferons tout notre possible et nous mettrons nos connaissances et notre expertise, qui n’est pas des moindres, à la disposition, car en face de nous, nous avons de grosses pointures. Maintenant, il faut évoluer et accepter le changement.



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