Le Conseil national palestinien, le Parlement de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) a décidé en 1974 de faire du 17 avril la Journée du prisonnier palestinien, en signe de fidélité aux militants qui sacrifient les plus belles années de leur vie, pour la liberté et l’indépendance de leur pays.
Cette journée a été commémorée mardi dans les Territoires palestiniens occupés (Cisjordanie et bande de Ghaza) par des rassemblements et des marches auxquels ont participé des milliers de citoyens, dont les familles des 6500 Palestiniens se trouvant dans les geôles de l’occupant israélien.

Le Club des prisonniers palestiniens indique que sur les 6500 détenus, on dénombre 350 enfants, 62 femmes (dont 21 mamans, 8 filles mineures) et 6 membres du Parlement palestinien, parmi lesquels Marouane Barghouti. Tous croupissent actuellement dans les prisons de l’occupant israélien. La même source affirme, dans un rapport publié à l’occasion de ce 17 avril, qu’un million d’arrestations ont été menées depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. Pour les seuls 3 premiers mois de l’année 2018, onrelève que 1928 Palestiniens ont été arrêtés, dont 369 enfants et 36 femmes.

La commémoration de la journée du 17 avril 2018 s’est faite sous le slogan «Libérez Ahd Tamimi». Il s’agit d’une jeune Palestinienne de 17 ans, arrêtée le 19 décembre 2017, pour avoir bousculé et giflé le 15 décembre, deux soldats israéliens qui se trouvaient dans la cour de sa maison à Nabi Saleh, un village proche de Ramallah, en Cisjordanie occupée.

La scène filmée a été largement partagée sur les réseaux sociaux, faisant de cette adolescente un icône de la résistance pacifique à l’occupation israélienne. Son emprisonnement a provoqué un tollé sur la scène internationale. Elle est la preuve vivante de la maltraitance que fait subir l’occupant israélien aux enfants palestiniens. Ahd Tamimi a été condamnée à 8 mois de prison ferme. Sa libération est prévue pour le mois de juillet prochain.

Tortures et barbarie

Mahmoud Bakr Hedjazi est le premier militant du Fatah et de l’OLP à avoir été arrêté. Il a été fait prisonnier le 17 janvier 1965 et libéré le 28 janvier 1971, suite à un échange de détenus entre le mouvement Fatah et Israël. La première prisonnière palestinienne est Fatma Bernaoui. Militante du Fatah, elle a été faite prisonnière au mois d’octobre 1967.

Toujours selon le rapport du Club des prisonniers, 12 prisonniers sont incarcérés depuis plus de 30 ans dans les geôles de l’occupation israélienne. Karim Younes est le plus ancien avec 35 ans de détention continue. Nael Barghouti a été libéré après 34 ans de détention dans l’échange de prisonniers entre Israël et le mouvement Hamas en 2011. Mais il a été de nouveau arrêté en 2014, pour atteindre un total de 37 années de détention.

Les autorités israéliennes gardent près de 500 Palestiniens dans leurs prisons et leurs centres de détention sous l’appellation de «détention administrative», ce qui leur permet de jeter en prison n’importe quel citoyen palestinien sans accusation, ni jugement par un tribunal, pour une période de 4 mois, indéfiniment renouvelable. Parmi les 500 prisonniers administratifs actuels, il y a 3 femmes, 2 enfants et 4 députés du Parlement palestinien.

Le rapport indique également que 700 prisonniers souffrent de maladies chroniques et sont mal pris en charge. 26 prisonniers sont atteints de cancers divers. Le nombre de prisonniers décédés a atteint 215 en 2018. 75 ont été exécutés après avoir été arrêtés, 72 prisonniers sont morts sous la torture, 61 autres sont mort faute de soins médicaux adéquats et 7 ont été tués par des balles, tirées par des gardiens de prisons ou des soldats.

Pressions israéliennes

Avec celle des réfugiés, la question des prisonniers représente la face humanitaire de la cause palestinienne. L’occupation israélienne considère les prisonniers comme étant des terroristes, donc elle réfléchit au moyen de les faire le plus souffrir. Le gouvernement israélien de droite veut faire adopter par la Knesset (le parlement israélien) une loi permettant l’exécution des prisonniers, auteurs d’opérations militaires en Israël. Il fait des efforts colossaux pour pousser la direction palestinienne à les laisser tomber et à ne pas leur verser ainsi qu’à leurs familles des salaires ou des pensions, sous le prétexte de soutien au terrorisme.

Le président Mahmoud Abbas a néanmoins résisté aux pressions israéliennes. Il a vigoureusement rejeté la demande israélienne assurant que la direction palestinienne restera fidèle à ces «combattants de la liberté» qui ont fait d’immenses sacrifices sur la voie de la liberté et de l’indépendance, refusant qu’ils soient qualifiés de «terroristes».

Israël a réussi néanmoins à convaincre les Etats-Unis de diminuer leurs aides à l’Autorité palestinienne, en raison justement du fait des allocations et des pensions versées par cette Autorité aux prisonniers et à leurs familles. D’un autre côté, Israël a toujours utilisé le dossier des prisonniers comme élément de chantage politique afin d’obtenir un maximum de concessions sur divers points de la question palestinienne.

En 2014, après le refus israélien de libérer le 4e et dernier contingent de prisonniers incarcérés avant la signature des Accords d’Oslo, en 1993, le président Mahmoud Abbas et la Direction palestinienne ont décidé de se retirer de la table des négociations. Depuis, le processus de paix est à l’arrêt complet. Ceci montre bien l’importance de ce dossier des prisonniers dans toute solution du conflit avec Israël.
 



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