De l’émotion, des larmes et de la joie. Pour sa première en Algérie, c’est une superbe réussite.
Pour son premier concert en Algérie, Marc Lavoine a charmé le public conquis de la salle El Mougar pleine à craquer, transformée en une douce berceuse le temps d’une charmante fête ce samedi soir.

Dès son entrée sur scène, il y avait comme une puissante complicité entre lui et son public. Une alchimie. A croire qu’entre l’artiste français et son public algérien, il existe une belle et vieille histoire d’amour et d’amitié. En effet, «les deux mots qui résonnaient le plus dans sa mémoire d’enfant, c’est la France et l’Algérie», confessait-il.

En filigrane, c’est l’histoire de son père qui se décline. Mobilisé – contre sa volonté et contre ses idées – pendant la guerre d’Algérie comme infirmier, mais sauvé par ses deux amis algériens. L’histoire d’une blessure, d’une tragédie humaine. Un père à qui il a rendu un vibrant hommage dans un poème émouvant, faisant couler discrètement des larmes parmi le public.

En déclamant le poème intitulé «Alger, Algériens, Algériennes, Algérie» Marc Lavoine rend hommage à l’Algérie, aux Algérien(nes) qui se battaient pour leur indépendance. Marc évoque l’amour de son père pour l’Algérie. «Un amour qu’il m’a transmis», dit-il. «Aujourd’hui, du  ciel, il doit me dire :  »La France, c’est ma patrie, mais dans mon cœur, si tu regardes bien petit, il y a l’Algérie. »» Enchaînant quelque-uns de ses tubes comme Elle a les yeux revolver, Chère amie, Pour un flirt, Paris ou encore J’ai tout oublié que le public reprenait en chœur.

Des reprises de Gilbert Becaud, de Gainsbourg et de Delpech. Sur scène, élégant et avenant, le chanteur est comblé et ému. L’émotion est tellement forte qu’il a oublié les paroles de l’une de ses chansons. Vient ensuite l’inévitable Déserteur, écrit par le célèbre poète français Boris Vian. Un hymne à la paix.

Un texte ô combien nécessaire à remettre sur scène en ces temps de guerre. Marc Lavoine a hésité un moment avant de chanter ce texte qui demeure subversif. Il a dû pousser un ouf de soulagement quand il a vu le public apprécier et l’accompagner. Un public totalement conquis qui n’a pas vu le temps passer, qui ne voulait pas que ça se termine. C’était court, trop court même pour un concert d’amour. Il réclame un retour rapide de Marc Lavoine en Algérie, mais dans une grande salle.

L’auteur, compositeur et interprète, très touché par les marques de sympathie que lui exprimait «son» public algérois, promet de revenir dans cette Algérie à laquelle il a déclaré sa flamme. Une belle et sincère amitié, une belle réconciliation qui passe, sans nul doute, par la beauté de la poésie qui transcende par la sensibilité des artistes qui supplante les frontières, qui rendent possibles les rencontres humaines.

Marc Lavoine fait partie de ses «passeurs». Il est reparti d’Algérie plein de soleil. Il en a demandé aux Algériens d’en envoyer beaucoup pour les Français «qui vous aiment !» leur lancera-t-il. 
 



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