Le président de la République est apparu très affaibli lors de sa sortie, hier, dans la capitale, malgré tous les soins protocolaires mis pour la réussite politique et médiatique de la visite. S’appuyant sur l’accoudoir gauche de son fauteuil roulant, il lève difficilement sa main droite
pour faire des signes aux citoyens venus le voir de près.
Exercice laborieux et sortie contraignante ! Le président Abdelaziz Bouteflika s’est efforcé, encore une fois, à assumer une mission difficile, en raison de sa lourde maladie : visite de terrain. En effet, après une absence qui aura duré plusieurs mois, le chef de l’Etat a effectué, hier, une visite dans la wilaya d’Alger, où il a procédé à l’inauguration de la mosquée Ketchaoua et l’extension du métro d’Alger.

Prévue de longue date, cette sortie l’a finalement desservi. Surtout sur le plan communicationnel. Alors que la Présidence et les tenants du pouvoir tentaient de montrer «un homme en forme», les images diffusées par l’ENTV et les vidéos postées sur les réseaux sociaux ont choqué l’opinion. En dépit des précautions prises pour éviter tout contact direct entre le chef de l’Etat et les citoyens ramenés spécialement pour l’acclamer, la réalité sur l’aggravation de son l’état de santé était impossible à cacher.

Il apparaît clairement que le président de la République n’avait pas «l’alacrité» évoquée par l’ancien président français, François Hollande. Il était plutôt très affaibli physiquement. Visage figé et mine blême, le président Bouteflika a éprouvé toutes les peines pour saluer la foule massée à plusieurs dizaines de mètres de l’entrée de la mosquée Ketchaoua.

S’appuyant sur l’accoudoir gauche de son fauteuil roulant, il lève difficilement sa main droite pour faire des signes aux citoyens venus le voir de près. A part cette main droite qui bouge, le chef de l’Etat n’affiche aucun autre signe montrant «sa joie» de revoir ses concitoyens après des mois d’absence : ni sourire ni mots prononcés. Les organisateurs de sa sortie n’ont permis aucun rapprochement avec les citoyens.

Métro à l’arrêt

Ainsi, juste après l’inauguration de la mosquée Ketchaoua et la station du métro de la place des Martyrs, la délégation présidentielle a pris la destination du quartier de Aïn Naadja. C’est dans le métro, fermé pour les citoyens durant la journée d’hier, que le président Bouteflika a rejoint cette destination, en passant les nouvelles stations menant vers la Grande-Poste, Haï El Badr et Aïn Naadja. Là aussi, un accueil populaire d’usage a été préparé, mais il n’y a toujours pas eu de contact direct avec les citoyens.

Cette sortie qui intervient à quelques jours seulement du lancement officiel de l’appel du FLN pour un 5e mandat du chef de l’Etat démontre à l’opinion les dangers qui guettent le pays en raison de ce forcing. En tout cas, les commentaires sur les réseaux sociaux étaient nombreux. Les internautes ont tous remarqué la dégradation de l’état de santé du Président qui est apparu plus affaibli.

Certains s’interrogent sur la signification de cette sortie. «Signe-t-elle le début de la campagne pour le 5e mandat ou est-elle une visite d’adieu ?» se demandent des internautes. Ces images ont fait réagir même des responsables des partis politiques. «Atteinte à la pudeur !» s’exclame le président de Jil Jadid, Sofiane Djilali.

Fervent opposant au maintien du président Bouteflika au pouvoir, le leader de Jil Jadid exhorte, toujours, les tenants de «l’Etat à le laisser se reposer» loin des contraintes qu’impose le poste de président de la République. Mais ces appels et toutes les critiques de l’opposition risquent de n’avoir, comme d’habitude depuis 1999, aucun écho auprès des tenants du pouvoir qui permettent ou qui encouragent le président Bouteflika à se maintenir au pouvoir.
 



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