La majorité des décideurs européens semblent convaincus que le Maroc n’est pas à l’abri d’une explosion sociale de grande envergure qui pourrait se traduire par un exode massif de Marocains vers les pays du sud de l’Europe.
Pis encore, ils pensent que cette explosion sociale peut survenir à n’importe quel moment eu égard à la situation socioéconomique catastrophique que vit actuellement le pays.

Une source européenne a confié d’ailleurs cette semaine au quotidien Al Qods Al Arabi paraissant à Londres que «Bruxelles a davantage peur des retombées d’un soulèvement social au Maroc que de l’éventualité d’une reprise de la guerre entre Rabat et le Front Polisario».
Il y a effectivement de quoi avoir peur. En une année, le royaume a été confronté à une pléthore de mouvements sociaux d’ampleur.

Dans le Rif, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues, avant que la contestation ne se porte sur Zagora, dans le sud, puis, depuis décembre 2017, sur Jerrada, une ville minière du nord-est. Ces mouvements ont tous en commun une même revendication de justice sociale. Une revendication à laquelle Mohammed VI s’est empressé de répondre par la répression, ce qui a eu pour effet justement d’accentuer les craintes d’un embrasement général.

Al Qods Al Arabi explique, dans son article consacré au conflit du Sahara occidental, que la situation dans le nord-est du Maroc inquiète particulièrement Bruxelles, précisant que les dirigeants européens voient d’un mauvais œil la persistance de l’instabilité dans cette région berbérophone, abandonnée à son sort depuis des décennies. Une région qui plus est ne se trouve qu’à un jet de pierre des côtes espagnoles et de laquelle il est donc facile de rallier l’Europe.

L’inquiétude de Bruxelles est confirmée par les chiffres récents fournis par l’office statistique européen (Eurostat) qui évoquent le début d’un exode de migrants marocains vers l’Europe, notamment vers l’Espagne. Ce phénomène s’est semble-t-il aggravé avec les événements qui ont secoué la région du Rif. Le nombre de réfugiés et de migrants ayant tenté la traversée vers l’Espagne depuis cette région a d’ailleurs fortement augmenté en 2017. C’est ce qui a d’ailleurs amené les responsables européens à être plus attentifs au «péril marocain» et à commencer à se préparer au pire des scénarios.

Les données publiées par l’Eurostat montrent en outre que «les citoyens marocains formaient le plus grand groupe de nouveaux citoyens d’un Etat membre de l’UE dont ils étaient résidents en 2016, devant les citoyens de l’Albanie, de l’Inde et du Pakistan».

Autrement dit, les Marocains sont aussi de plus en plus nombreux à vouloir acquérir une nouvelle nationalité, ce qui est interprété comme un signe évident de malaise. Ils étaient ainsi 101 300 à acquérir la nationalité d’un Etat membre de l’UE en 2016, dont 89% ont acquis la nationalité espagnole, italienne ou française.

Et là aussi la tendance n’a fait que monter ces dernières années. L’élément n’a également pas échappé aux responsables européens.



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