Rami Al Hamdallah et Madjed Faraj, le chef du service du renseignement palestinien qui l’accompagnait, sont sortis indemnes de cette explosion, dont les éclats ont touché les deux derniers véhicules du convoi et ont causé des blessures à 7 personnes.
Le convoi du Premier ministre palestinien, Rami Al Hamdallah, a été la cible d’une explosion, hier matin, dans la région de Beit Hanoune, au nord de la bande de Ghaza, quelques minutes seulement après son entrée dans l’enclave palestinienne, par le point de passage d’Erez, contrôlé par Israël.

M. Al Hamdallah, dont la résidence principale est à Ramallah, en Cisjordanie occupée, devait inaugurer une station de traitement des eaux usées dans le nord de la bande de Ghaza, contrôlée par le mouvement Hamas depuis l’été 2007. Rami Al Hamdallah et Madjed Faraj, le chef du service du renseignement palestinien qui l’accompagnait, sont sortis indemnes de cette explosion, dont les éclats ont touché les deux derniers véhicules du convoi et ont causé des blessures à 7 personnes.

Rami Al Hamdallah a tout de suite rebroussé chemin et s’est dirigé vers son siège à Ramallah, où il était attendu par des centaines de personnes et de responsables. Avant de quitter la bande de Ghaza, le chef du gouvernement de l’Union nationale a déclaré devant des représentants de la presse que «l’explosion qui a visé le convoi ne fera que renforcer la décision du gouvernement à aller de l’avant sur le chemin de la réconciliation».

«Je reviendrai à Ghaza et n’était mon voyage prévu demain à Rome pour soutenir l’UNRWA (l’agence onusienne pour l’aide aux réfugiés palestiniens), je serai resté aujourd’hui, demain et après-demain.» Le Premier ministre palestinien dit avoir informé le président Mahmoud Abbas sur l’incident ainsi que le complot visant à séparer la bande de Ghaza de la Cisjordanie et d’Al Qods-Est qui ne doit pas passer. «Ghaza est la protectrice de la cause et de l’identité palestiniennes. Et comme l’a répété le président Mahmoud Abbas, il n’y aura pas d’Etat dans la bande de Ghaza, comme il n’y aura pas d’Etat palestinien sans la bande de Ghaza», a ajouté Al Hamdallah.

La Présidence palestinienne a de son côté dénoncé la tentative d’assassinat du Premier ministre palestinien et fait porter au mouvement Hamas – dont les services sécuritaires sont actifs sur le terrain depuis le putsch armé en juin 2007 – la responsabilité de l’incident. Le mouvement Hamas, par la voix de son porte-parole Faouzi Barhoum, a condamné l’attentat qui a visé le Premier ministre Rami Al Hamdallah et le chef du service du renseignement Madjed Faraj.

Barhoum et considère que cette opération fait partie des tentatives visant à porter atteinte à la sécurité dans la bande de Ghaza et à anéantir les efforts pour réaliser l’unité et la réconciliation, ajoutant que ce sont les mêmes mains qui ont assassiné Mazen Fouqaha et le général Taoufik Abou Naim. Le martyr Mazen Foukaha, qui était un cadre des brigades Ezzeddine Al Qassam, la branche armée du Hamas, a été tué par des collaborateurs enrôlés par les services secrets israéliens, en mars 2017.

Le général Toufik Abou Naim, chef des services sécuritaires du Hamas, a été la cible d’une explosion au mois d’octobre 2017, dont il s’en est sorti avec quelques blessures. De son côté, le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a contacté par téléphone le Premier ministre et le chef du renseignement pour s’enquérir de leur état de santé après l’explosion.

Le projet de la réconciliation menacé

Tous les mouvements palestiniens ont dénoncé la tentative d’assassinat de Rami Al Hamdallah survenue à un moment où le dossier de la réconciliation Fatah-Hamas connaît de grandes difficultés. L’accord conclu au Caire entre les deux forces palestiniennes principales, le 12 octobre 2017, avait suscité de grands espoirs au sein de la population. Mais plusieurs mois après cet événement, pratiquement rien n’a changé sur le terrain.

Le gouvernement d’Union nationale, qui est accusé par le mouvement Hamas de ne pas assumer ses responsabilités envers Ghaza et sa population, affirme qu’il n’a aucun pouvoir réel dans l’enclave palestinienne. Il a déclaré à maintes reprises qu’il ne peut résoudre des problèmes majeurs ayant trait aux salaires des fonctionnaires du Hamas (40 000 environ), la pénurie d’électricité et les points de passage, vu qu’il ne jouit pas des pleins pouvoirs et ne peut avoir accès aux montants des taxes et des impôts dans l’enclave palestinienne.

L’intégration par l’Autorité palestinienne des 40 000 fonctionnaires du Hamas est l’un des grands obstacles empêchant la réalisation de la réconciliation. Une délégation sécuritaire égyptienne se trouve à Ghaza pour suivre l’application des clauses de l’accord du Caire.

Dans des déclarations faites à l’agence de presse palestinienne officielle Wafa, la délégation égyptienne «condamne l’attentat qui a ciblé le convoi du Premier ministre, Rami Al Hamdallah», et affirme qu’elle restera dans la bande de Ghaza «pour poursuivre les efforts égyptiens visant à mettre un terme à la division et à la réalisation de la réconciliation». L’envoyé spécial des Nations unies au Proche-Orient, Nickolai Mladenov, a condamné vigoureusement l’attaque du convoi du Premier ministre palestinien et appelé à ouvrir une enquête rapidement pour présenter les auteurs devant la justice.

Le responsable onusien a ajouté que le mouvement Hamas reste responsable du travail sans obstacles, sans crainte, sans contraintes et sans violence du gouvernement de consensus, tant que ce dernier n’a pas les pleins pouvoirs. M. Mladenov a mis en valeur les efforts du gouvernement visant à améliorer la situation humanitaire dans la bande de Ghaza et à réaliser la réconciliation, indiquant que les auteurs de cet attentat veulent détruire ces efforts ainsi que les occasions de paix et qu’il ne faut pas le leur permettre.



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