La pluie incessante, samedi matin, au centre-ville, à Alger, n’a pas dissuadé Brahim Tayeb.
Ponctuel, il nous parlera de son come-back à travers une date significative, le 20 avril, célébrant le Printemps berbère (1980). Il était heureux de retrouver le public algérois.

«Cela fait plus de dix ans que je ne me suis pas produit à Alger. Je veux dire mon propre concert.

Le concert de Brahim Tayeb. C’est
Mamoun Senouci, chef du département de musique de l’OREF et directeur de la salle Ibn Zeydoun, qui a pensé à moi et qui m’a convié. Ce sera une occasion pour exposer mon travail…». Brahim Tayeb, malgré le modeste budget qu’on lui a attribué, a tenu à présenter un show respectant son auditoire.

Il sera accompagné par une formation comptant dix-huit éléments, six choristes (trois jeunes filles et trois jeunes hommes), une section violon, une section rythmique, piano, guitare basse, flûtes traversière et traditionnelle. Bref, une dizaine de musiciens. Une guest-star viendra chanter avec lui, un duo avec Hassiba Amrouche. Sur le titre Siyed Itran-ik figurant sur l’album éponyme sorti en 2017. «Je remercie Hassiba Amrouche pour ce beau duo et d’avoir mis toute son âme sur cette chanson. Ainsi que tous les artistes et musiciens qui m’accompagneront…».

Pour ces retrouvailles, Brahim Tayeb interprétera des anciens titres, tels que Usan-uni, Hamlaghkam, Sargh-Ithen, Urzigh-ara, un hymne au Printemps noir de 2001 et un hommage aux morts, Goulen, Siladhil, une histoire d’amour, une fleur dans un champ de bataille, ainsi que les chansons issues du nouvel album. Tizi n lexrif, Tiflukin, une plage de 14 mn dédiée aux harraga (migrants), une narration entre «galère» et chimère -qui inspirerait une nouvelle ou un roman-, Afenan (un autre duo avec Fella Assirem) en guise d’hommage au grand maître Chérif Kheddam, Snitra ou encore Sedhuyey kan imaniw.
Il nous ouvre les yeux sur l’essentiel

C’est que Brahim Tayeb Brahim, bien qu’il célèbre l’amour, est à l’écoute de son prochain, de ses semblables. Tout et rien l’intéressent. «Je raconte la vie dans un contexte réel. Je ne crée pas d’histoires, des chansons-alibi. Je n’occulte pas l’entourage immédiat. Je ne peux parler d’amour sans cela. C’est une remise en question positive et constructive…

Ce monde, actuel, ces temps-ci, est effrayant. L’opinion globale est inconsciente…». A propos de l’art, il déplorera: «Il existe une sorte de sous-estimation nationale de l’art. Les gens aiment les arts. Certains n’ont pas les moyens d’y accéder. D’autres, par exemple, n’achètent pas de CD pour contribuer et encourager la création artistique.

En Irak, ou au Maroc, les gens font la chaîne pour l’art… Le piratage est terrible. Malgré les efforts consentis par l’ONDA (Office national des droits d’auteur)… Il faut travailler sur la quête esthétique à travers l’apprentissage, l’instruction , la pédagogie…Pour percevoir la beauté de l’art…

Alors, il faut contribuer au sein de la communauté, la société civile. Les investisseurs devraient encourager l’art, créer des espaces à cet effet. A travers une participation collégiale, de tous…».

Brahim Tayeb, 52 ans, complètement autonome, saisit, répond aux mails, écrit et compose de la musique dans son home studio à Blida, grâce à des logiciels. Comme Accessibility d’Apple, conçu pour les déficients visuels. Brahim Tayeb nous ouvre les yeux sur beaucoup de choses infimes, banales pour nous, mais tellement essentielles.

 

Salle Ibn Zeydoun
Riadh El Feth, Alger
Vendredi 20 avril 2018 à 15h
Concert de Brahim Tayeb
Prix : 600 DA



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