Division concernant le maintien de la suspension de l’agence antidopage russe

Le président de l’AMA, Craig Reedie, estime que la Russie a appris de ses erreurs à la suite du scandale de dopage dans lequel elle a été plongée au cours des dernières années.

Après les rapports explosifs, les critiques internationales, puis la suspension du Comité olympique russe lors des Jeux olympiques de Pyeongchang en février dernier, la Russie a-t-elle retenu la leçon? «Je pense que oui, absolument», a tranché le patron de Agence mondiale antidopage (AMA) en marge d’une allocution livrée devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM). Mercredi, le comité exécutif de l’AMA qui s’est réuni à huis clos avait décidé de maintenir la suspension de l’agence antidopage russe, mais le président de l’organisation établie à Montréal affirme que la Russie avance dans la bonne direction.
Selon l’AMA, l’agence russe n’a toujours pas respecté deux conditions essentielles à sa réhabilitation, soit le libre accès à ses installations et la reconnaissance d’un système de dopage institutionnalisé, exposé en 2016 dans le rapport dévastateur déposé par l’expert indépendant Richard McLaren. Le maintien de la suspension de l’agence antidopage russe divise certains membres du comité exécutif de l’AMA et suscite plusieurs questions, révélait plus tôt cette semaine l’AFP en citant un des participants s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.
Certains jugent que l’AMA devrait être plus clémente à l’égard de la Russie, alors que d’autres prônent la ligne dure, toujours selon l’AFP. «Il y a encore certains enjeux sur lesquels nous travaillons, a convenu Reedie.
Il n’y a pas de désaccord à propos des enjeux. Mais ce qui commence à être irritant, c’est le fait que ça prenne autant de temps avant que [les Russes] puissent nous confirmer qu’ils ont satisfait à toutes les conditions». «C’est important de régler cette situation dans l’intérêt des athlètes russes, a-t-il ajouté. Parce que si nous ne la réglons pas, quelqu’un dans les médias va semer le doute quand n’importe quel athlète russe va gagner une médaille». S’il estime que les discussions progressent avec les responsables russes, Reedie ne croit pas que le dossier sera réglé d’ici le début de la Coupe du monde de football, qui se mettra en branle le 14 juin prochain en Russie. La FIFA a déjà fait savoir que les Russes ne seront pas impliqués dans la mise en oeuvre du programme antidopage lors de la compétition, et que les analyses seront effectuées en dehors du pays. Tous ne partagent pas l’optimisme de Reedie concernant la Russie en matière de dopage. Venu entendre son discours, le fondateur et ancien président de l’Agence mondiale antidopage, Richard Pound, croit plutôt qu’il faut garder les Russes à l’oeil et demeurer vigilant. «À mon avis, la Russie n’a pas assez payé le prix, a-t-il affirmé en entrevue au Devoir. Je crois qu’il faut attendre un peu pour voir s’il y a vraiment un changement de conduite et d’attitude. Ça ne peut pas être automatique». En 2015, le rapport déposé par Pound a révélé un système de dopage généralisé au sein de l’athlétisme russe.
Ses conclusions ont entraîné la suspension de la Fédération d’athlétisme russe et poussé l’AMA à déclarer l’agence antidopage russe non conforme. Selon Richard Pound, la Russie s’en est malgré tout tirée à bon compte jusqu’à maintenant, sans doute parce qu’il s’agit d’une «superpuissance très agressive politiquement». «Ce n’est pas seulement la Russie, précise-t-il. Avec les anciens pays de l’Union soviétique, c’est plus ou moins la même chose. […] Les pays sont fermés, c’est difficile d’y entrer, de trouver les athlètes, de prendre les échantillons. Comme on dit en anglais, c’est un work in progress».



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