La participation des entreprises a été réduite. Le constat est unanime : le secteur des TIC connaît pratiquement un arrêt durant ce premier trimestre 2018 !
La 27e édition du Sicom, qui a eu lieu du 2 au 6 avril à Alger et organisée par la Safex en partenariat avec Mira Cards Edition, a été consacré à la thématique de l’innovation et de la digitalisation. Selon Idir Hocine, organisateur du Salon, «c’est pour nous une sorte de contribution à l’effort national pour l’introduction d’une économie numérique afin de pallier à la crise économique que connaît l’entreprise algérienne dans son intégralité, en réunissant dans un même lieu en un même temps tous les intervenants à même de constituer un maillon dans l’édifice de cette économie».

Ce Salon a démontré l’impact négatif des mesures relatives à l’importation des produits destinés à la revente et les taxes. La participation des entreprises a été réduite. Le constat est unanime : le secteur des TIC connaît pratiquement un arrêt durant ce premier trimestre 2018 ! Plusieurs entreprises engagées se sont désistées faute de visibilité de leur activité (participation de 40 exposants). «Cette session constitue une transition que nous efforcerons de mener à terme pour une meilleure attirance du Sicom adapté à la conjoncture économique», précise l’organisateur.

On notera toutefois la présence de deux opérateurs de téléphonie mobile (Mobilis et Ooredoo), HB Technologies, l’entreprise algérienne qui a conçu et réalisé le permis de conduire biométrique, lancé le 1er avril dernier, Alfatron, entreprise spécialisée dans la fabrication de produits informatiques, et CDMI, société spécialisée dans la distribution de matériel informatique.

L’Algérie reste fortement dépendante du marché international en matière de produits informatiques, le montage des PC sur place est difficile à réaliser, en plus de l’absence d’un tissu productif pour la création de logiciels, d’intrants électroniques et autres consommables.

La majorité du matériel informatique est consommée par l’Etat. Institutions, administrations et grandes entreprises sont les plus dépendantes de ces matériels informatiques et, en l’absence de fabriquants locaux de qualité en composants, PC, équipements hardware et logiciels, le marché algérien du digital risque de s’effondrer.

Il faut dire que nous sommes consommateurs de technologies et de services, nous ne sommes pas créateurs, et la vitesse de croissance et de développement n’est pas encore bonne. Cela handicape l’économie et la société en général. Les mesures prises par la loi de finances 2018 ont ralenti la transformation digitale en Algérie et constituent même un frein.

Un ordinateur coûte plus cher et certains foyers ne pourront pas y accéder. Les augmentations affaiblissent le pouvoir d’achat. La construction des réseaux et les services délivrés deviennent plus chers et cela bloque l’innovation. En plus, l’activité des petites entreprises est touchée de plein fouet. Quand on augmente le coût, elles ne vont pas diminuer la taille du projet mais cela veut dire qu’elles vont annuler carrément certains projets faute d’avoir des budgets.

Selon Djaoued Salim Allal, président d’AITA (Algerian IT Association) et directeur général d’Adex Technology, qui s’est déjà exprimé à Maghreb Emergent, «dans la loi de finances 2018, il y a une confusion sur les produits technologiques finis de large consommation, importés pour la revente en l’état, et les produits finis mais qui sont en réalité des intrants d’exploitation pour des projets de numérisation». Selon lui, la taille du marché de l’équipement informatique est de 600 millions de dollars, 80% sont dédiés au marché des entreprises et 80% de ce dernier sont consommés par l’Etat dans les grands projets de modernisation des institutions publiques.

Le gouvernement ne doit plus considérer aujourd’hui l’activité numérique comme étant quelque chose d’accessoire aux métiers, mais plutôt une nécessité pour le développement. La baisse des dépenses publiques associée à la dépréciation continue du dinar et à l’augmentation des droits de douane auront des conséquences funestes pour la filière de l’économie numérique.

Il y a donc urgence : les pouvoirs publics se doivent de réagir, de s’adapter, au risque sinon de voir des activités entières au minimum diminuer, au pire disparaître. Le programme de transformation digitale tel que mené donne l’impression de pâtir d’une vision et d’un projet politique insuffisamment clairs. Il peut susciter au mieux de l’indifférence, au pire des perceptions erronées sur les objectifs poursuivis.



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