Le tourisme domestique est en train de prendre des couleurs. Cela s’est vérifié lors des fêtes de fin d’année, mais surtout lors des dernières vacances scolaires de printemps. Chréa, Tikjda, Santa-Cruz, les séjours sont de plus en plus longs et répétitifs. Les Algériens en reviennent émerveillés.
Un enfant dira même :  «C’est trop génial !» Ceux qui ont visité Adrar, Ghardaïa et Timimoun parlent «d’expérience unique, d’ambiance particulière, de sérénité et surtout de la générosité des habitants du Sud où le sourire n’est pas commercial mais radieux». Certaines agences proposent des voyages en bus, lorsque la distance n’est pas trop longue. Les professionnels du voyage sont tous unanimes : il y a un engouement particulier pour le Grand Sud.

L’Onat (Office national algérien du tourisme) a établi un programme riche et varié concernant les circuits et séjours touristiques en Algérie. Dans ses brochures, il y a de bons plans et de nouvelles destinations, une manière de garantir une évasion pour tous les budgets. Des produits qui s’adressent aux familles et aux jeunes avec guides et animation.

La formule «séjour chez l’habitant» est aussi prisée. Elle peut être une expérience enrichissante et présenter une occasion unique pour un véritable échange culturel. Un des facteurs les plus attrayants de loger chez une famille d’accueil est le coût engendré. La location chez l’habitant est souvent l’option la moins chère, car elle peut inclure les repas. Cette formule est plus conviviale, plus chaleureuse que les chambres anonymes et solitaires des hôtels.

Gallia Tours exploite un bon filon : elle propose une journée complète au Park Mall de Sétif pour faire du shopping et visiter Aïn Fouara. Le transport est effectué par bus confortable aller/retour. Le départ est fixé d’Alger à 7h, place du 1er Mai (UGTA). Elle propose aussi une journée exceptionnelle à Tikjda chaque vendredi et samedi à 1000 DA. Des prix étudiés pour vivre un rêve sans se ruiner.

Club Voyages Algérie est une agence de voyages et tourisme qui a comme objectif de proposer le meilleur rapport qualité/prix, parce que «chaque projet de voyage est unique». Dans ce cadre, elle organisera vendredi prochain une sortie kayak «pour une source d’émotion et de plaisir garantie en toute sécurité à Tipasa». Le prix est de 2500 DA par personne. Une escapade à Taghit, l’enchanteresse et le joyau de Beni Abbès est aussi au programme.

Lors d’une récente interview, Eric Parodi, directeur délégué d’Accor Algérie, a déclaré : «Nos produits et notamment Ibis correspondent bien à ce que recherche la clientèle domestique algérienne. La famille algérienne les aime bien. Un produit assez basique et simple, mais qui plaît en Algérie. Les chambres sont prévues pour 2, 3, voire 4 personnes.

On peut louer une chambre l’une à côté de l’autre ou des chambres communicantes. La clientèle a répondu présent lors des vacances scolaires de printemps. Il y a une clientèle domestique qu’on souhaite capter, notamment celle qui vient visiter la famille l’été, mais un grand nombre d’Algériens a tendance à partir en Tunisie.»

«On essaie de créer une sorte de tourisme de loisirs à travers des packagings qui combinent Oran et Tlemcen. On travaille en partenariat avec des agences de voyages et de tourisme qui font du réceptif, en particulier les week-ends, pendant les vacances et durant la semaine», confie Pierre-Alain Bignalet, directeur général de Ibis Oran et Tlemcen.

La compagnie nationale Air Algérie dessert 33 destinations du réseau domestique, dont une bonne partie est située dans le Sud algérien. Elle participe en tant qu’acteur de développement et pour accompagner le secteur du tourisme. Depuis plus de trois ans, la compagnie apporte des facilitations en termes de tarification appropriée, à travers une réduction de 50% destinée exclusivement aux agences qui génèrent un groupe de 10 personnes.

Ainsi, le tourisme domestique est en hausse au regard des flux des vacances de printemps. Mais est-ce réellement une tendance lourde ? «C’est une tendance qui s’est enclenchée il y a une dizaine d’années et le flux est ascendant. Les Algériens voyagent à l’intérieur en hiver et pendant le printemps et à l’international en été», explique Brahim Aflah Hadj Nacer, manager général de Zyriab Voyages.

Le tourisme interne pourrait être prometteur, selon lui, «si l’Etat régulateur intervient pour éliminer les parasites (boîtes de com et organisateurs non déclarés). Ceux-ci ne sont intéressés que par le gain facile et immédiat, car ils n’ont de compte à rendre à personne».

Le développement du rail peut aussi favoriser la mobilité touristique avec plus de capacité et des tarifs certainement plus attractifs. La Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) compte renforcer les grandes lignes par ses anciens trains réhabilités, à raison d’un train réhabilité mensuellement, à partir de ce mois. En plus de la mise en service de Coradia, un train de grandes lignes polyvalent bi-mode (diesel et électrique 25 kv) qui peut circuler à une vitesse de 160 km/h.

Que doit faire l’État pour accentuer ce mouvement ?

Il faut organiser et encourager le logement chez l’habitant, encourager davantage l’investissement hôtelier dans les principaux points touristiques et veiller à la qualité de service. Les agences font-elles suffisamment ou pas assez pour le tourisme interne ? «Les agences tout d’abord sont nombreuses, beaucoup ne savent pas ce que tourisme veut dire, les quelques vraies agences pros investissent énormément en proposant systématiquement les différentes destinations à l’intérieur», ajoute le manager général de Zyriab Voyages.

Certaines agences préfèrent le tourisme à l’émission beaucoup plus lucrative, même si ce n’est pas toujours évident : la hausse vertigineuse de l’euro en a poussé beaucoup à réduire leur marge afin de proposer un produit à la hauteur du budget de l’Algérien. Il est vrai que jusqu’à présent les flux vers l’outgoing étaient plus élevés.

Ainsi, l’Algérien commence à développer la culture des vacances. Plusieurs facteurs y contribuent. La composante sociale a changé. La famille de 10 à 12 membres dans les années 1970 est devenue une petite famille de 2 à 3 membres maximum. On trouve un couple où les deux parents travaillent. Il y a ainsi de meilleures rentrées financières.

Les petites familles vivent de plus en plus isolées de la grande famille, donc plus mobiles pour le déplacement. La plupart sont véhiculées, donc accessibilité aux sites touristiques, en plus des nouvelles formules destinées aux familles durant les différentes vacances de l’année.

La visite de La Casbah d’Alger est de plus en plus demandée. Objectif : vivre le voyage en famille, la découverte ensemble et le partage entre les membres. Les réseaux sociaux ont permis aussi, à travers la photo et la vidéo, de faire connaître des sites magnifiques et donc donner envie de voyages et de découvertes. Les expériences vivantes sont immortalisées par des vidéos qu’on retrouve sur Facebook et Instagram.

Certains parents ont transmis à leurs enfants la passion du voyage.
Le tourisme national peut constituer un apport considérable au développement économique régional par la répartition d’une part des richesses nationales. Il permet outre l’atténuation des effets de la saisonnalité, le maintien des emplois et des effets induits sur les transports divers et les autres entreprises de services (cafés, restaurants).
 



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