Une expérience inédite pour la jeune chanteuse Taous Arhab, qui explore d’autres influences musicales.
Illi-Kem (Sois !) est le titre d’un nouvel album que vient de mettre sur le marché le producteur Nadir Guendouli. Un mélange de rythmes bien ficelé, composé de 9 titres auquel participent deux invités de marque : Mohamed Allaoua, dans la chanson Yeqqar-iy- id (Il me dit), et Rachid Koceila, dans Mennes  (Désirs).

Cette expérience musicale innovatrice de Taous Arhab, dont l’arrangement est confié au maestro Safy Boutella et l’écriture des textes à Hamid Moualhi, n’omet pas de remettre au goût du jour d’anciennes chansons, comme l’indémodable hit de Cheikh El Hasnaoui A tihdayin, en hommage à la femme algérienne.  L’entame de l’album de la jeune interprète, née en 1986 à Aït Frah (Larbaâ Nath Irathen), Tiziri (Attente) est un titre autobiographique à double sens, dans lequel elle revient sur sa vie, fixe un revers sentimental et témoigne d’un amour raté puisque exclu.

Elle fixe son passé et évacue sa colère. Un aveu spontané afin d’exorciser les contraintes qui assaillent son cœur et, aussi, un message conscient et plein d’espoir. Le grand amour rejaillit dans le duo avec Mohamed Allaoua, Yeqqar-iyi-d (Il me dit), une belle valse qui manifeste une émotion d’entente et d’affection.

Les autres titres du CD  dévoilés aux journalistes dimanche dernier à l’hôtel Ittourar de Tizi Ouzou sont : Amarazg-ik (Nonchalant), Liferê’iw (Medisance), Anda Tellid (Absence), Attrajugh (sursis), Yidek (avec toi). «Cela fait trois ans qu’on a commencé à travailler cet album. La voix de Taous Arhab est si particulière, si intéressante qu’elle m’a donné envie de la partager. C’est une chanteuse exceptionnelle qui veut sortir des sentiers battus. Elle a accepté de prendre  une autre route, parce qu’elle est audacieuse.

Même si elle devait perdre une partie d’un public, je suis sûr qu’elle en gagnerait un autre. Folklorique ou pas, moderne ou pas, c’est un choix que je me suis autorisé afin d’offrir aux oreilles du monde ce qu’on a comme voix magnifiques. J’avais en charge de faire ce travail en y croyant fortement», décrypte Safy Boutella lors de la conférence de presse.

La touche du maestro

Taous Arhab revient sur la collaboration avec son arrangeur : «Une expérience inédite dans ma quête d’autres influences musicales qui se veut à la fois actuelle dans son identité et authentique dans son universalité.» Elle poursuit : «La décision a été prise avec Nadir Guendouli, le producteur, qui a fait écouter ma voix à Boutella. Nous avons mis 3 ans pour achever cet allbum.

C’est une belle aventure. Je suis née dans une famille qui adore la musique. Je suis kabyle, j’ai des influences sans préférence pour tel ou tel style.» Nadir Guendouli  précise au sujet du retard mis pour la sortie de cet album annoncé en décembre 2016 : «Nous avons pris le temps qu’il fallait. L’album est en vente  depuis une semaine. Nous comptons aussi réaliser des clips. L’artiste doit aller vers le public.

La priorité de l’heure est d’assurer une bonne distribution de ce produit et une présence sur le Net, aller vers les autres afin de gagner en visibilité.» L’auteur des textes de l’album, Hamid Moualhi, ne tarit pas d’éloges sur Taous Arhab, l’une des voix marquantes de la nouvelle scène artistique algérienne d’expression kabyle et la virtuosité de Safy Boutella, directeur artistique et arrangeur du CD qui a donné beaucoup de punch  à ce travail artistique, produit par Sirocco Records (Algérie) et Blue Sound Diffusion (France).

Présent à la conférence de presse, Karim Abranis, qui répondait à la question d’un confrère, n’exclut pas une éventuelle collaboration avec le propulseur du raï à l’international, avec Khaled dans l’album Kutché. «Rien n’est impossible. On aime travailler à coup de cœur. Ce sera un plaisir et un honneur de partager une œuvre musicale avec le maestro Safy Boutella. Si l’idée venait à se concrétiser, ce serait un heureux événement.

Boutella n’est plus à présenter.» Passionnée de musique dès son jeune âge, Taous Arhab enregistre son premier album à 14 ans. En 2005, elle rencontre Nadir Guendouli, producteur et compositeur, qui prendra en charge son 2e album Ayimawlaniw (Ô mes parents), en associant au projet le poète Hamid Moualhi et Karim Yeddou, compositeur. Elle participe à des galas au Zenith de Paris et en Algérie.

Langue sincère et esprit libre, la pétillante chanteuse des Ath Irathen signe, en 2018, un troisième opus riche en sonorités, une fusion jazz, blues et kabyle. Vieux routier de la musique algérienne, Safy Boutella est compositeur, musicien, chanteur, conducteur d’orchestre, arrangeur, illustrateur de fictions, initiateur de fêtes.

Un CV très riche. En 1987 l’album Kutché réalisé avec Cheb Khaled connaît un succès international. Il revisite le répertoire de Nass El Ghiwan, lors d’une création réalisée pour le dixième anniversaire du festival marocain Mawazine, à Rabat.  Il compose par ailleurs  plus de 70  musiques de film.
 



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